Cibitoke : le CNDD-FDD décidé d’en finir avec les opposants
Au cours de réunions organisées dimanche par le CNDD-FDD dans les communes Buganda et Rugombo en province de Cibitoke (nord-ouest du Burundi), il a été décidé d’éliminer tous les opposants politiques. Le lendemain, deux militants du CNL ont été enlevés. Depuis, ils sont introuvables.Des habitants et les membres des partis politiques de l’opposition sont inquiets. (SOS Médias Burundi)
Lors des deux réunions, il a été décidé d’en finir avec les opposants politiques, surtout les membres du parti CNL, selon des sources dans les deux communes.
« On nous a dit qu’il faut enlever tous les obstacles avant les élections de 2025. Les obstacles en question sont des opposants politiques, surtout les militants du CNL. En tant qu’Imbonerakure (membres de la ligue des jeunes du CNDD-FDD), nous avons reçu l’ordre de vite passer à l’acte. On nous a assurés que nous serons protégés par l’autorité », ont témoigné à SOS Médias Burundi des jeunes du parti présidentiel ayant participé aux réunions de Buganda et Rugombo.
Le lundi, deux militants du CNL ont été enlevés. Des responsables de la principale formation politique de l’opposition disent que le double enlèvement est directement lié au mot d’ordre de la veille.
« C’est sans doute le passage de la parole à l’acte. Le CNDD-FDD donne des ordres à ses jeunes pour faire du mal aux citoyens non-membres du parti présidentiel », dénoncent-ils.
Ils disent que si la justice et les services de sécurité n’interviennent pas, « nous allons faire recours à la légitime défense ».
Le responsable des ligues et mouvements associés au parti au pouvoir dans la nouvelle province de Bujumbura rejette les allégations. Il indique que « ce genre de rencontres sont régulièrement organisées dans le but de se préparer aux élections de 2025. Ce n’es pas pour intimider l’opposition ».
Contacté à ce sujet, le gouverneur de Cibitoke dit n’avoir pas été au courant d’un quelconque problème relatif à des menaces contre l’opposition.
Les responsables du CNL dénoncent une persécution politique à la veille des élections de 2025. Ils parlent d’un phénomène d’enlèvement de ses militants dans différentes localités du pays comme dans les provinces Rutana et Bubanza, respectivement dans le sud-est et l’ouest.
« Chaque fois que les élections approchent, nos militants sont harcelés, enlevés, torturés et tués au vu des autorités administratives, judiciaires et policières. Les autorités devraient se rappeler qu’avant d’être membres de partis politiques, les victimes sont des citoyens à protéger », font-ils remarquer.
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Photo d’illustration : le président Neva s’entretient avec le secrétaire général du CNDD-FDD, Révérien Ndikuriyo lors d’un rassemblement des militants de l’ancienne rébellion Hutu dans le sud du Burundi, le 26 août 2023
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