Itaba : les responsables administratifs et représentants du CNDD-FDD ont tué un jeune homme et ne s’inquiètent de rien
Audiphax Manirambona (19 ans ) a été sauvagement tué le 20 février 2024 par un responsable administratif local et un membre de la ligue des Imbonerakure. Le drame s’est déroulé dans la localité de Kabungo en commune d’Itaba. C’est dans la province de Gitega ( centre du Burundi). Le jeune homme a été égorgé, exécuté après avoir été arrêté en train de voler dans un champ de maïs. Enterré dans la précipitation sans permettre à la mère du jeune homme de voir son corps, son cadavre a été exhumé pour être déposé dans un lieu tenu secret. Aucune enquête n’a été faite depuis, aucune interpellation n’a eu lieu non plus alors que les noms des « criminels » sont connus. (SOS Médias Burundi)
Désiré Nkunzimana, chef collinaire de Ruhanza et un certain Prosper, membre de la ligue des jeunes du CNDD-FDD (Imbonerakure) sont les deux principaux auteurs du meurtre du jeune Audiphax Manirambona, selon des témoins. La victime avait été attrapée dans un champ de maïs le jour de son assassinat.
« Audiphax a d’abord été obligé par ses assassins de prier avant qu’ils ne l’exécutent. Couché par terre ,il a ensuite été égorgé à l’aide d’une machette ,c’était vers 7h du matin, j’ai moi-même assisté à cette scène ignoble », regrette un fonctionnaire très résigné.
Et de se désoler de plus « même les enfants qui allaient à l’école et d’autres personnes qui se rendaient au marché de Gihamagara ont été témoins de cette exécution sommaire ».
Inhumation indigne
La mère de la victime a été alertée. Elle a suivi son fils sur son chemin de croix. Après avoir constaté qu’il avait été assassiné, elle est retournée à la maison pour « chercher des habits afin de couvrir le corps de son fils avant d’être enterré ».
« De mon retour, il avait déjà été enterré à l’instar d’une bête sauvage. Pire encore, ils ont planté un bananier sur sa tombe », raconte, traumatisée et pleine de chagrin Liliane Mbonimpa, mère de la victime. Elle déplore que « les assassins de mon fils circulent librement sans s’inquiéter de rien ».
Désiré Nkunzimana et Prosper n’ont passé que le temps de la rosée dans les cachots de la police à Itaba ,deux nuitées seulement, du 20 au 22 février 2024.
« C’est sans surprise qu’ils aient été relâchés. Le 29 décembre 2023, l’administrateur communal Domitien Nyandwi avait demandé à tous les services de tuer tout voleur pour diminuer les cas reçus à la police et à la justice », confie un homme qui a participé à la réunion.
La réunion avait été organisée à l’intention des cadres, chefs de service, responsables de zones et chefs collinaires.
La mère du jeune homme exige des enquêtes « pour que les meurtriers de mon fils soient traduits en justice ».
Tourmante dans la dernière demeure
Après avoir envoyé Audiphax Manirambona de façon prématurée dans sa dernière demeure, les responsables administratifs et représentants du CNDD-FDD ont ordonné l’exhumation de son corps, selon nos sources.
Des habitants soupçonnent le secrétaire communal du CNDD-FDD et le représentant local des Imbonerakure d’avoir supervisé son exhumation.
« Cinq Imbonerakure et quatre policiers ont été chargés de cette tâche », déplorent des habitants, proches du parti présidentiel. L’endroit où le cadavre du jeune Audiphax Manirambona a été transféré reste un mystère.
L’administrateur de la commune Itaba, Domitien Nyandwi n’a pas voulu s’exprimer sur cette affaire. La police locale quant à elle dit avoir terminé les enquêtes et informe qu’un dossier y relatif a été ouvert au parquet de province.
Maître Christian Ntakarutimana, président du Rassemblement des juristes en action au Burundi (Reja-Burundi) estime que les assassins du jeune Audiphax Manirambona sont « des criminels-nés ».
Il demande à la justice burundaise de « se ressaisir ». Pour lui, le gouvernement burundais devrait aussi « envoyer ces gens dans un centre de malades mentaux ».
La CNIDH (Commission nationale indépendante des droits de l’homme) et la FENADEB (Fédération nationale en charge des droits de l’enfant) ont confirmé être au courant de cette affaire » sans pour autant donner plus de détails sur leurs découvertes et les actions qu’elles sont en train de mener pour que justice soit faite ».
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Photo : chef-lieu de la commune Itaba en province de Gitega au centre du Burundi
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