Kayanza : une crise sanitaire due au départ massif de médecins
Depuis le début de l’année, la province de Kayanza, située au nord du Burundi, fait face à une vague de départs de médecins. Pas moins de onze praticiens ont abandonné leur poste, laissant les établissements de santé locaux dans une situation critique. (SOS Médias Burundi)
Les conséquences de cette situation se répercutent directement sur les patients. Beaucoup rapportent des difficultés à accéder à des soins appropriés. Certains évoquent le manque de médecins spécialisés, tandis que d’autres se plaignent du nombre insuffisant de consultations disponibles dans les hôpitaux.
« Je me suis rendu à l’hôpital pour consulter mon médecin en raison de troubles abdominaux. En arrivant, j’ai appris qu’il avait quitté son poste. J’ai cherché un autre médecin dans toute la province, sans succès. Finalement, j’ai dû aller jusqu’à Bujumbura ( plus de 90 km). C’est très difficile », a témoigné un patient auprès de SOS Médias Burundi.
Une prise en charge compromise
La situation est d’autant plus préoccupante que même les cas qui ne nécessitent pas de spécialistes sont affectés. Des familles de patients dénoncent que, faute de médecins, des infirmiers sont contraints de prendre en charge des situations complexes.
« Ces infirmiers savent qu’un médecin devrait intervenir dans les cas difficiles, mais comme il n’y en a pas, ils prennent eux-mêmes des décisions. Cela comporte des risques », ont-ils déploré.
Les infirmiers eux-mêmes reconnaissent l’ampleur de la crise.
« Nous faisons de notre mieux pour sauver des vies, mais nous constatons déjà une augmentation de la mortalité. Le problème doit être résolu au niveau hiérarchique », ont-ils expliqué.
Un phénomène généralisé
Selon des observateurs locaux, le départ massif de médecins s’inscrit dans une tendance plus large qui touche d’autres secteurs. « Les enseignants et d’autres fonctionnaires quittent également leur poste. Ceux qui trouvent de meilleures opportunités ailleurs, notamment au Kenya et au Rwanda, n’hésitent pas à partir. Ces pays offrent des salaires nettement supérieurs, alors qu’ici, l’économie est au bord du gouffre », ont analysé des intellectuels de la région.
Les autorités en alerte
Le directeur provincial de la santé a confirmé l’ampleur de cette crise. « Nous avons signalé la situation au ministère de la Santé pour qu’une solution soit trouvée rapidement », a-t-il déclaré.
LIRE AUSSI :
En attendant des mesures concrètes, la population de Kayanza continue de souffrir des conséquences de cette pénurie de médecins, rendant l’accès aux soins de plus en plus difficile.
_________________________________________________
Photo : l’entrée de l’hôpital de Kayanza au nord du Burundi où la plupart de résidents se font soigner © SOS Médias Burundi
You might also like
Covid-19 : cinq employés de la CAMEBU testés positifs, tout le personnel renvoyé se faire dépister
Ce jeudi, cinq tests se sont révélés positifs pour des salariés qui travaillent à la CAMEBU (Centrale d’Achat des Médicaments Essentiels du Burundi). La nouvelle a inquiété les responsables du
Mpanda : une maladie inconnue sous surveillance, les premières analyses écartent des fièvres hémorragiques majeures
SOS Médias Burundi Mpanda, 13 avril 2026 —Une maladie encore non identifiée, à l’origine de plusieurs cas et de décès dans la commune de Mpanda, mobilise depuis plusieurs jours les
Kajaga : les pêcheurs redoutent une éventuelle introduction d’Ebola depuis la RDC
SOS Médias Burundi Bujumbura, 25 juin 2026 – À Kajaga, localité riveraine du lac Tanganyika située à proximité de la frontière lacustre avec la République démocratique du Congo (RDC), dans
