Gitega : deux jeunes femmes emprisonnées
Les deux jeunes femmes rwandaises sont emprisonnées à la prison centrale de Gitega dans la capitale politique du Burundi. Elles sont accusées d’espionnage. (INFO SOS Médias Burundi)
Deux jeunes femmes rwandaises, Olive Nzeyimana, âgée de 34 ans, et Chantal Nyirahabimana, âgée de 31 ans, sont incarcérées à la prison centrale de Gitega, au Burundi, depuis deux semaines. Elles ont été appréhendées le 15 février 2025 à l’entrée de la ville de Gitega, dans la bifurcation entre Gitega, Ngozi et Muyinga, alors qu’elles circulaient à bord d’un véhicule de transport en commun.
Les autorités burundaises, suspectant qu’elles ne possédaient pas tous les documents nécessaires pour entrer dans le pays, ont été particulièrement alarmées par leur accent rwandais. Après un contrôle, les deux femmes ont été conduites de manière brutale par les policiers vers le commissariat provincial de Gitega.
Le 28 février 2025, un mandat d’arrêt signé par le parquet de la République a conduit à leur transfert vers la prison centrale de Gitega, où elles sont actuellement incarcérées. Les autorités burundaises les accusent d’espionnage.
Depuis leur incarcération, des habitants de Gitega ont tenté d’apporter des vivres et des articles de première nécessité aux deux femmes, notamment des matelas et des ustensiles de cuisine. Cependant, ces efforts ont été entravés par des menaces et des intimidations de la part des Imbonerakure (membres de la ligue des jeunes du CNDD-FDD, le parti au pouvoir).
Certains habitants de Gitega regrettent les relations tendues entre le Burundi et le Rwanda. Ils ont exprimé leur solidarité avec les deux jeunes femmes et appellent à leur libération.
Les tensions entre le Burundi et le Rwanda s’intensifient
Les tensions entre le Burundi et le Rwanda sont exacerbées par la crise en cours dans la région de l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Le Rwanda est accusé par de nombreux observateurs internationaux de soutenir le groupe armé M23, qui contrôle désormais les chefs-lieux des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, des régions riches en minerais. Cette situation a contribué à une nouvelle détérioration des relations entre les deux pays.
De son côté, le Burundi a déployé environ 10. 000 militaires dans la région du Kivu, en soutien aux Forces Armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et à leurs milices alliées, afin de combattre le M23 et d’empêcher l’expansion de ce groupe armé.
La situation géopolitique complexe dans la région a alimenté les tensions entre les pays voisins et continue de peser sur la stabilité de la région des Grands -Lacs d’Afrique.
________________________________________________
Photo : un parking de taxis-voiture communément appelés probox à Gitega. Les deux jeunes femmes rwandaises étaient à bord d’un taxi-probox au moment de leur arrestation © SOS Médias Burundi
You might also like
Burundi : l’ONU tire la sonnette d’alarme sur la situation des droits de l’homme à la veille des législatives de 2025
Le rapporteur spécial de l’ONU sur le Burundi déclare que les droits humains sont en péril à la veille des élections de 2025. Dans son nouveau rapport, il dénonce un
Ruhororo : l’administration communale veut chasser les déplacés
Les déplacés internes du site de Ruhororo dans la commune de Ruhororo de la province de Ngozi (nord du Burundi) disent recevoir des menaces de la part de l’administratrice communale.
Burundi : l’IDHB et Acat-Burundi dénoncent le maintien en détention de cinq activistes burundais
Il y a quelques jours, le tribunal de Ntahangwa dans le nord de la ville commerciale Bujumbura a décidé le maintien en détention de cinq défenseurs des droits humains burundais.
