Meheba : les réfugiés peinent à s’intégrer, faute de maîtrise linguistique

Meheba : les réfugiés peinent à s’intégrer, faute de maîtrise linguistique

Au camp de réfugiés de Meheba, dans le nord-ouest de la Zambie, des milliers de réfugiés – principalement burundais et congolais – dénoncent les difficultés d’intégration liées à la barrière de la langue. Ils appellent le HCR et les autorités zambiennes à organiser des formations linguistiques pour faciliter leur inclusion sociale et économique. (INFO SOS Médias Burundi)

Le camp de Meheba, qui accueille aujourd’hui plus de 27.000 réfugiés – dont environ 3.000 Burundais –, fait face à un défi majeur : l’intégration linguistique. Pour de nombreux réfugiés, l’incapacité à comprendre et à parler l’anglais, langue officielle de la Zambie, freine gravement leur inclusion dans la société locale.

« Quand nous nous rendons à l’hôpital, nous avons besoin d’un interprète. Or, le secret médical devrait être respecté », explique un réfugié burundais. « Même dans les bureaux administratifs, nous ne pouvons rien exprimer sans aide. »

Selon les témoignages recueillis, ces interprètes sont souvent d’origine zambienne, ce qui suscite parfois un malaise, notamment lorsqu’il s’agit de partager des informations personnelles sensibles.

Une exclusion qui commence à l’école

Le problème touche également les enfants. Dans les écoles du camp ou des zones environnantes, les cours sont dispensés en anglais ou dans d’autres langues locales. Une situation qui handicape fortement les élèves réfugiés, peu ou pas scolarisés dans ces langues avant leur arrivée.

« Nos enfants échouent car ils ne comprennent pas les cours. Comment peuvent-ils réussir dans de telles conditions ? » déplorent des parents.

Barrière sociale et économique

Au-delà du domaine éducatif ou administratif, la barrière linguistique affecte l’ensemble de la vie sociale. Les réfugiés peinent à interagir avec les communautés locales, à trouver un emploi ou à commercer.

« C’est un frein à notre épanouissement socio-économique », résume un jeune Congolais installé à Meheba depuis deux ans. « Parfois, cette difficulté alimente la discrimination. »

Un appel au HCR et aux autorités locales

Face à ces obstacles, les réfugiés demandent au Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) et aux ONG partenaires de mettre en place des cours de langue accessibles à tous, notamment en anglais, en swahili et dans les langues locales de la Zambie.

Ils appellent aussi les autorités zambiennes à favoriser des activités communautaires mixtes entre réfugiés et populations hôtes, afin de briser les barrières culturelles et linguistiques et de construire une cohabitation apaisée.

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Photo : des réfugiés composés par des femmes pour la plupart et leurs enfants devant une structure sanitaire à Meheba © SOS Médias Burundi

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