Burundi : des coupures d’électricité en plein scrutin
SOS Médias Burundi
Alors que le Burundi se prépare à organiser les élections législatives et communales ce 5 juin 2025, la REGIDESO annonce des coupures d’électricité sur l’ensemble du territoire, officiellement pour des raisons techniques liées à la mise en service de la centrale hydroélectrique de Jiji. Un calendrier qui suscite la méfiance, dans un pays où la transparence électorale est régulièrement remise en question. Si des observateurs régionaux et nationaux sont attendus, leur impartialité fait débat.
Bujumbura, 2 juin 2025 – La REGIDESO, unique entreprise publique en charge de la distribution d’eau et d’électricité au Burundi, a annoncé des perturbations majeures sur le réseau électrique national. En cause : des tests techniques sur la nouvelle centrale hydroélectrique de Jiji, prévus du 2 au 17 juin 2025.
Selon la société d’État, il s’agit d’« essais de mise en service », nécessaires avant l’entrée en fonctionnement complète de l’infrastructure. Mais le timing de ces opérations soulève de vives interrogations. Ces coupures interviennent en pleine campagne pour les élections législatives et communales, prévues pour ce mois de juin.
Un contexte politique tendu
Les réactions n’ont pas tardé. Plusieurs voix, notamment au sein de l’opposition, s’interrogent sur l’opportunité de ces coupures à ce moment critique. Dans le passé, des interruptions similaires le jour du vote avaient été dénoncées comme suspectes. Certains partis affirmaient alors que l’obscurité facilitait des manœuvres de fraude, comme la falsification des procès-verbaux ou le bourrage des urnes.
Cette fois encore, les craintes refont surface. Des responsables politiques et des membres de la société civile redoutent des perturbations susceptibles d’affecter le bon déroulement du scrutin, voire d’en compromettre la transparence.
« Comment garantir un processus électoral libre et crédible si certaines régions sont privées d’électricité pendant la campagne ou le jour du vote ? », s’interroge un activiste basé à Ngozi dans le nord du pays.
La REGIDESO, de son côté, se veut rassurante. Dans son communiqué, l’entreprise appelle la population à la patience et recommande de prendre des précautions. Mais la confiance est fragile, et les précédents douloureux.
Des observateurs attendus… mais jugés partiaux par certains
Face aux inquiétudes, la présence d’observateurs électoraux est censée rassurer. La Conférence internationale sur la région des Grands-Lacs (CIRGL), l’Union africaine (UA), ainsi qu’un consortium d’organisations locales perçues comme proches du pouvoir, ont déjà confirmé leur participation à l’observation du processus électoral.
Cependant, cette annonce peine à convaincre certains Burundais. Des voix critiques dénoncent le manque d’indépendance de certains observateurs nationaux et regrettent l’absence d’organisations internationales jugées plus neutres, notamment européennes.
Dans ce pays d’Afrique de l’Est où chaque processus électoral est scruté avec méfiance, l’annonce des coupures d’électricité ne passe pas inaperçue. L’opposition, les citoyens et certains diplomates étrangers se demandent : s’agit-il d’une coïncidence technique ou d’une manœuvre politique ?
Une chose est sûre : les jours à venir seront observés de près.
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