Kakuma et Kalobeyei (Kenya) : suspension de l’aide alimentaire, la colère des réfugiés monte

Kakuma et Kalobeyei (Kenya) : suspension de l’aide alimentaire, la colère des réfugiés monte

SOS Médias Burundi

Kakuma, 8 août 2025- Le Programme alimentaire mondial (PAM) a annoncé, ce jeudi 8 août, la suspension indéfinie de la distribution des rations alimentaires dans les camps de Kakuma et Kalobeyei, situés dans le nord-ouest du Kenya. Cette décision suscite une vive contestation parmi les quelque 200 000 réfugiés installés dans ces camps, dont plus de 25 000 Burundais.

Kakuma est l’un des plus grands camps de réfugiés en Afrique. Il accueille principalement des personnes originaires de la Corne de l’Afrique, d’Afrique centrale et des pays membres de la Communauté Est-Africaine. Pour faire face à l’afflux croissant de réfugiés, le gouvernement kényan a lancé l’agrandissement du camp avec la création de Kalobeyei, une extension qui vise à améliorer les conditions de vie et favoriser l’autonomie des réfugiés.

Une suspension motivée par la sécurité et les ressources

Le PAM justifie cette suspension par un contexte d’insécurité croissante dans la région, mettant en danger la sécurité des humanitaires et des réfugiés. Dans son communiqué, l’agence précise :

« Nous reprendrons dès que nous évaluerons que la sécurité des humanitaires et des réfugiés en général est assurée. »

La mesure s’inscrit aussi dans une nouvelle politique d’assistance basée sur la vulnérabilité des réfugiés, mise en place début juillet par le HCR et le PAM. Seules les deux premières catégories, jugées les plus fragiles, continuent à recevoir une aide alimentaire régulière, face à des ressources limitées.

Une majorité laissée à elle-même, des tensions qui explosent

Plus de 70 % des réfugiés de Kakuma et Kalobeyei se retrouvent privés d’aide alimentaire. Cette situation a provoqué des manifestations violentes la semaine dernière, avec barricades et blocages des ONG, poussant les forces de l’ordre à intervenir. Les réfugiés dénoncent une politique inhumaine, et les leaders locaux déplorent au moins cinq morts et une dizaine de blessés.

Des appels à une aide pour tous

Face à cette crise, les réfugiés exigent une distribution équitable de l’aide alimentaire, sans distinction de catégories.

« Qui n’est pas vulnérable alors que nous avons fui la guerre et la misère pour venir chercher refuge ici, dans un désert ? » s’indignent-ils.

Une pénurie alimentaire alarmante

Le HCR admet que les stocks actuels sont insuffisants pour nourrir toute la population réfugiée.

« La ration restante ne peut pas couvrir les besoins des plus de 200 000 réfugiés », explique un responsable.

Une situation critique : écoles fermées et malnutrition

Depuis la suspension, les écoles sont fermées et les activités humanitaires paralysées, laissant le camp dans un état quasi « ville morte ». Les cas de malnutrition augmentent, notamment chez les enfants, femmes enceintes, allaitantes et personnes âgées.

« La situation est dramatique, aggravée par la pénurie d’eau potable », alerte un leader local.

Les représentants communautaires appellent le HCR à revoir sa catégorisation, jugée trop restrictive.

SOS Médias Burundi suit de près cette crise humanitaire majeure et continuera d’informer ses lecteurs des évolutions à Kakuma et Kalobeyei.

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Photo : des réfugiés manifestent pour exiger l’accès à la ration alimentaire et à l’eau potable au camp de Kakuma, le 28 février 2025.
(SOS Médias Burundi)

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