Black-out à Bujumbura : l’incurie de la Regideso met la ville à genoux
SOS Médias Burundi
Bujumbura, 8 août 2025- Depuis plus de 48 heures, la capitale économique du Burundi vit au ralenti. Une panne généralisée de courant électrique a plongé Bujumbura dans une situation de crise qui affecte profondément les services, les entreprises et le quotidien de la population. Partout, ce ne sont que bourdonnements de groupes électrogènes, files d’attente dans les rares lieux disposant d’électricité, et visages marqués par l’épuisement et l’inquiétude.
Banques, cybercafés, bureaux, commerces… tout est quasiment paralysé. Certains établissements financiers ont publié des communiqués pour s’excuser auprès de leurs clients, expliquant ne pas être en mesure d’assurer leurs services à cause de l’absence de courant. Dans certains quartiers, les coupures sont totales depuis jeudi matin ; dans d’autres, l’électricité va et vient, mettant en péril les appareils électroménagers et les équipements professionnels.
Un recours limité aux groupes électrogènes
Face à cette crise, la population tente tant bien que mal de s’adapter grâce aux groupes électrogènes. Mais la solution s’essouffle rapidement : le carburant se fait rare, les générateurs tombent en panne, et les coûts deviennent difficilement supportables pour les ménages comme pour les entreprises. Même les compagnies de télécommunications peinent à alimenter leurs installations, entraînant une quasi-rupture des communications dans plusieurs zones.
Une annonce tardive de la Regideso
Dans un communiqué publié le 1er août, la Regideso, société nationale chargée de l’électricité, a informé la population que des perturbations seraient à prévoir dans quatre provinces, dont Bujumbura, du 4 au 14 août 2025. La cause : des travaux de raccordement d’un nouveau poste. Aucune information détaillée n’a été donnée sur les alternatives ou les mesures d’accompagnement. La Regideso s’est contentée de demander aux usagers de « prendre des dispositions nécessaires », laissant les citoyens livrés à eux-mêmes.
Une population en détresse
Dans les rues du centre-ville, des habitants déambulent leur téléphone à la main, à la recherche du moindre point de recharge. Les conversations sont devenues rares, les réseaux faiblissent et l’incertitude grandit. « Comment allons-nous survivre pendant dix jours dans cette situation ? », s’interroge un commerçant du centre-ville, d’autant plus que les délestages étaient déjà fréquents avant cette coupure prolongée.
Un appel à la réactivité des autorités
Face à cette crise, la population attend des mesures concrètes. Nombreux sont ceux qui réclament une meilleure communication, un plan d’urgence et un soutien logistique, notamment en carburant, pour permettre aux infrastructures essentielles de fonctionner.
En attendant, Bujumbura reste sous le règne des groupes électrogènes, dans un silence électrique qui en dit long sur la fragilité de ses infrastructures énergétiques. Poumon économique du pays, la capitale concentre les agences des Nations-Unies, l’administration centrale et la plupart des services essentiels à la vie quotidienne.
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Photo : un immeuble à moitié éclairé dans le centre-ville de Bujumbura, le 8 août 2025. La capitale économique du Burundi subit un black-out total, aggravé par une pénurie chronique de carburant qui complique l’usage des groupes électrogènes © SOS Médias Burundi
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