Goma : l’AFC-M23 accuse Kinshasa de violer le cessez-le-feu et l’accord de Doha

Goma : l’AFC-M23 accuse Kinshasa de violer le cessez-le-feu et l’accord de Doha

SOS Médias Burundi

Goma, 2 septembre 2025- Lors d’une conférence de presse tenue ce lundi 1er septembre à Goma, chef-lieu du Nord-Kivu, Corneille Nangaa, coordonnateur politique de l’AFC-M23 (Alliance Fleuve Congo – M23), a une nouvelle fois accusé le gouvernement congolais de violer le cessez-le-feu et l’accord des principes signé à Doha, au Qatar.

Selon lui, les autorités de Kinshasa sont responsables de la persistance de l’insécurité dans l’Est de la RDC, en menant des attaques contre les positions du M23, malgré les engagements pris lors des pourparlers.

« Nous, AFC-M23, respectons scrupuleusement les différents accords proposés par les médiateurs et les partenaires de la paix. Mais aujourd’hui, ce sont les acteurs clés de Kinshasa qui violent ces mesures en nous attaquant partout », a déclaré Corneille Nangaa.

Il a rappelé que l’accord de Doha avait pour objectif de créer les conditions favorables à un accord de paix définitif, censé mettre fin aux conflits à répétition dans la région.

Accusations de massacres à Minembwe et Uvira

Corneille Nangaa a également accusé les milices Wazalendo, ainsi que leurs alliés, les FARDC et certains groupes Maï-Maï, d’avoir orchestré des massacres de civils dans les hauts plateaux de Minembwe (Sud-Kivu) et aux alentours de la ville d’Uvira.

« Ce sont le gouvernement et ses alliés qui orchestrent ces attaques pour tenter de nous neutraliser. Nous allons nous défendre par tous les moyens possibles », a-t-il affirmé.

Appel à la fin du tribalisme et à la cohésion sociale

Bertrand Bisimwa, président du M23 et coordonnateur adjoint de l’AFC-M23, a lancé un appel à la fin du tribalisme encouragé, selon lui, par le pouvoir central. Il a exhorté les autorités congolaises à garantir la liberté de circulation à tous les citoyens, indépendamment de leur origine.

« Kinshasa sème le tribalisme entre les habitants. Nous n’allons pas tolérer ces dérives. Nous demandons au gouvernement de mettre fin à ces pratiques et de prêcher l’unité et la cohésion sociale », a-t-il déclaré.

Crise économique dans les zones contrôlées par le M23

Dans les zones actuellement sous contrôle de l’AFC-M23, notamment Goma et Bukavu, la situation économique est préoccupante. La fermeture des banques commerciales survenue avant l’entrée du M23 dans ces villes a provoqué une paralysie des activités économiques.

Le mouvement rebelle demande au gouvernement de rouvrir les institutions financières dans les territoires qu’il contrôle, afin de soulager les souffrances des populations civiles.

La position de Kinshasa et l’escalade militaire

Du côté du gouvernement, les FARDC, soutenues par des groupes Maï-Maï, accusent le M23 d’étendre délibérément son territoire, en violation des accords de cessez-le-feu conclus dans le passé. Kinshasa estime que le mouvement rebelle poursuit une stratégie d’occupation militaire tout en se disant ouvert au dialogue.

Le M23, ancienne rébellion à majorité tutsie, a repris les armes fin 2021, reprochant au gouvernement de ne pas avoir respecté les accords de réinsertion conclus dans le passé.

Les autorités congolaises accusent le Rwanda de soutenir le M23, aujourd’hui intégré dans l’alliance politico-militaire AFC, opposée au pouvoir central. Kigali a toujours nié toute implication.

Le Burundi, pour sa part, a déployé environ 10 000 soldats pour appuyer les FARDC et les milices Wazalendo, dans une coalition armée visant à reconquérir les zones stratégiques occupées par le M23.

Depuis le début de l’année, les rebelles de l’AFC-M23 contrôlent plusieurs zones stratégiques riches en minerais, y compris les chefs-lieux des deux Kivus, selon diverses sources locales et internationales.

Une paix encore lointaine

Malgré les tentatives de médiation et les accords de principe signés à l’étranger, le conflit dans l’Est de la RDC semble loin d’être résolu. Les violations répétées du cessez-le-feu compromettent les efforts de paix, tandis que les civils continuent de payer le prix fort, pris entre les lignes de front, les déplacements forcés et la pauvreté.

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Photo : Corneille Nangaa et Bertrand Bisimwa, principaux responsables de l’AFC-M23, lors d’une conférence de presse à Goma, le 1er septembre 2025. Ils ont accusé Kinshasa de violer le cessez-le-feu, contribuant selon eux à la déstabilisation de l’est de la RDC. © SOS Médias Burundi

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