Burundi – Transférée à Ngozi, la journaliste Sandra Muhoza reste au cœur d’un imbroglio judiciaire

Burundi – Transférée à Ngozi, la journaliste Sandra Muhoza reste au cœur d’un imbroglio judiciaire

SOS Médias Burundi

Bujumbura, 26 septembre 2025 – Sandra Muhoza a été transférée vers la prison de Ngozi, dans le nord du pays, où elle devra désormais comparaître devant la juridiction locale.

Selon des témoins qui se sont confiés à SOS Médias Burundi, Sandra Muhoza a quitté la prison centrale de Bujumbura dite Mpimba ce vendredi après-midi.

La journaliste Sandra Muhoza, détenue depuis mars 2024, reste au cœur d’un imbroglio judiciaire.

Ce transfert intervient après que la Cour d’appel de Mukaza, dans la capitale économique Bujumbura, s’est déclarée incompétente pour juger son affaire, l’infraction reprochée ayant été commise à Ngozi, son lieu de résidence, ce qui rend la juridiction de Ngozi compétente.

Dans une décision rendue le 13 juin 2025, la Cour avait pourtant invalidé la condamnation initiale de la journaliste ainsi que le mandat d’arrêt qui pesait sur elle. Malgré cette décision, elle est restée détenue à Mpimba pendant plusieurs mois avant ce transfert.

Son avocat, Me Prosper Niyoyankana, dénonce une détention « désormais sans base légale » et accuse les juridictions compétentes de se dérober à leur devoir de juger.

L’organisation Reporters sans frontières (RSF) a réagi avec fermeté. « Non seulement elle n’aurait jamais dû être enfermée, mais elle ne devrait plus y passer une seconde de plus ! », a déclaré Sadibou Marong, directeur du bureau Afrique subsaharienne de RSF, appelant les autorités à appliquer sans délai la décision du 13 juin.

Condamnée en décembre 2024 à 21 mois de prison pour un message partagé dans un groupe WhatsApp, Sandra Muhoza, journaliste au sein du média indépendant La Nova Burundi, est devenue un symbole des pressions exercées sur la liberté de la presse dans le pays.

L’affaire de Sandra Muhoza met en lumière le flou juridique persistant autour des détentions au Burundi et les tensions continues sur la liberté de la presse. Son transfert à Ngozi souligne les difficultés d’application des décisions judiciaires et les appels internationaux pour sa libération immédiate.

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Photo : La journaliste Sandra Muhoza, en tenue verte des détenus au Burundi, transférée le 26 septembre 2025 de la prison centrale de Mpimba vers la prison de Ngozi, où elle devra comparaître devant la juridiction locale. © DR/SOS Médias Burundi

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