Nakivale (Ouganda) : instauration d’un couvre-feu qui interroge
SOS Médias Burundi
Nakivale, 2 octobre 2025- Un couvre-feu a été instauré au camp de réfugiés de Nakivale, au sud-ouest de l’Ouganda, abritant plus de 150 000 réfugiés, dont plus de 33 000 Burundais. La mesure, qui interdit tout mouvement à partir de 22h, vise à endiguer la criminalité devenue inquiétante dans ce camp multiculturel où vivent des réfugiés originaires de plus de dix nationalités. Tous les commerces, boutiques et bistrots doivent désormais être fermés avant cette heure.
La décision a été prise à l’issue d’une réunion de sécurité organisée le week-end dernier, réunissant l’administration du camp, la police et le HCR. Les autorités locales et les réfugiés eux-mêmes s’inquiètent de la recrudescence des crimes.
« Les rapports montrent qu’au moins huit réfugiés ont été tués, retrouvés morts dans et autour du camp. Inacceptable. Nous devons retrouver ces criminels », a déclaré le commandant du camp, qui agit également comme président du site.
Le cas le plus alarmant est celui d’un réfugié retrouvé décapité dans la zone de Kabazana il y a deux semaines. « On l’a enterré ainsi ! Ce meurtre reste gravé dans nos cœurs. Il se pourrait que ce soit un Congolais, mais personne n’a encore signalé de disparition », explique un leader burundais.
Un autre cas survenu un mois plus tôt dans la même zone a été tout aussi atroce : ses bourreaux avaient même mutilé ses organes génitaux.
Des réfugiés sceptiques
Certains réfugiés doutent de l’efficacité du couvre-feu :
« Les policiers sont les premiers corrompus dans ce camp, ils sont d’ailleurs complices car les enquêtes n’aboutissent jamais ! Et ce sont eux-mêmes qui assurent ce couvre-feu ! Nous doutons de l’impact qu’il aura ! », réagissent-ils.
D’autres restent plus prudents :
« Pour le moment, cette mesure permettra peut-être de savoir qui est derrière ces actes de banditisme et ces assassinats, car ce sont essentiellement des policiers qui patrouillent la nuit », nuancent-ils.
En plus des assassinats, le camp enregistre également de nombreux cas de motos volées. Les réfugiés réclament à être associés aux rondes nocturnes afin de mieux sécuriser leurs villages et zones d’habitation.
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Photo : une partie du camp de Nakivale, au sud-ouest de l’Ouganda, où un couvre-feu a été instauré pour endiguer la criminalité ©SOS Médias Burundi
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