RDC : les FARDC exhortent les FDLR à déposer les armes dans le cadre de l’accord de Washington

RDC : les FARDC exhortent les FDLR à déposer les armes dans le cadre de l’accord de Washington

SOS Médias Burundi

Goma, 11 octobre 2025 — Dans un contexte de tensions persistantes dans l’est de la RDC, les FARDC appellent les FDLR à déposer les armes, tandis que les liens entre certains soldats congolais et ces rebelles continuent de semer le doute sur l’effectivité de la rupture. L’enjeu : tester la volonté politique de Kinshasa et avancer vers la stabilisation régionale.

Les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) ont lancé, le vendredi 10 octobre, un appel solennel aux Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), les enjoignant de déposer les armes et de se rendre aux autorités congolaises ou à la MONUSCO ( Mission onusienne au Congo) , en vue de leur rapatriement vers le Rwanda.

Cette démarche s’inscrit dans la mise en œuvre de l’ordre opérationnel adopté le 1er octobre 2025 par le Comité conjoint de supervision de l’accord de Washington, signé entre la RDC et le Rwanda sous la médiation des États-Unis le 27 juin dernier. Cet accord vise à désamorcer les tensions persistantes dans l’est du Congo, région meurtrie par des décennies de violences armées.

Dans son communiqué, l’armée congolaise rappelle également à ses troupes l’interdiction formelle de toute collaboration avec les FDLR, quel qu’en soit le niveau ou la nature.

Des doutes sur la rupture effective avec les FDLR

Cette déclaration contraste cependant avec plusieurs rapports d’experts des Nations Unies, qui soulignent la persistance de liens entre certains éléments des FARDC et les FDLR. Ces rapports évoquent notamment l’intégration, au sein des milices Wazalendo entretenues par Kinshasa, d’anciens combattants FDLR ou d’unités toujours actives sous ce label rebelle.

Les FDLR, issues des milices hutu responsables du génocide des Tutsis au Rwanda en 1994, figurent parmi les groupes armés les plus violents de la région. Elles sont accusées de crimes de guerre, de massacres de civils, de violences sexuelles et d’enrôlements forcés en RDC.

Un test de volonté politique

Cet appel des FARDC intervient dans un contexte régional particulièrement tendu, où la méfiance entre Kinshasa et Kigali reste vive. La réussite du processus initié à Washington dépendra de la capacité des autorités congolaises à rompre tout lien avec les groupes armés étrangers et à rétablir une discipline stricte au sein de leur armée.

Pour de nombreux observateurs, cette initiative constitue un test de la volonté politique du président Félix Tshisekedi, mais aussi un signal adressé à la communauté internationale, soucieuse d’un apaisement durable dans la région des Grands Lacs.

Un équilibre fragile dans l’Est

Les FDLR, composées en majorité de Hutus rwandais réfugiés après 1994, restent qualifiées de « génocidaires » par Kigali. Depuis fin janvier 2025, le M23, mouvement rebelle affilié à l’Alliance Fleuve Congo (AFC), contrôle plusieurs centres urbains du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, zones riches en minerais stratégiques.

Le M23 a repoussé les FARDC, les forces burundaises, les Wazalendo, ainsi que les contingents de la SADC (Communauté de développement de l’Afrique australe), installant une administration parallèle dans les territoires sous son contrôle.

Kinshasa accuse le Rwanda d’apporter un soutien militaire direct au M23, une allégation que Kigali rejette fermement. De son côté, le Rwanda reproche aux autorités congolaises de continuer à collaborer avec les FDLR.
Le président Félix Tshisekedi minimise toutefois leur influence, qualifiant ce groupe de « force résiduelle », réduite à des actes de banditisme sans réelle menace régionale.

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Photo : des membres des FDLR et des FARDC arrêtés par les rebelles du M23 à Goma et présentés à la presse locale, le 10 mai 2025 © SOS Médias Burundi

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