Bugabira : une population oubliée, privée d’eau potable

Bugabira : une population oubliée, privée d’eau potable

SOS Médias Burundi

Bugabira, 15 octobre 2025 – Dans la zone de Bugabira, commune frontalière de Kirundo (ancienne province du nord de la petite nation de l’Afrique de l’Est), l’accès à l’eau potable reste un défi majeur. Depuis toujours, cette population n’a jamais bénéficié de sources fiables d’eau salubre. En l’absence de réseaux d’adduction fonctionnels, les habitants se tournent vers les lacs Cohoha et Gacamirindi pour leurs besoins quotidiens.

La consommation de ces eaux non traitées entraîne des risques sanitaires importants. Selon les responsables du district sanitaire, les maladies liées à une mauvaise hygiène se multiplient, notamment les diarrhées, les infections parasitaires, les maladies de la peau et d’autres maladies hydriques. Le manque d’accès à une eau potable constitue ainsi un danger permanent pour la santé de la population locale.

Un accès difficile et inégal à l’eau potable

Pour s’approvisionner en eau potable, certains habitants doivent parcourir près de 30 kilomètres. Ceux disposant de moyens financiers achètent de l’eau transportée par taxi-vélos, à raison de 2 000 francs burundais le bidon de 20 litres, un coût élevé pour une population majoritairement rurale et à faibles revenus. Les autres continuent de consommer l’eau des lacs, malgré les risques pour leur santé.

Un projet d’adduction d’eau inachevé

Un projet d’adduction d’eau avait été lancé en 2019 sous la présidence de feu Pierre Nkurunziza. Il visait à capter de l’eau potable depuis la colline de Mutumba, dans la zone de Vumbi, à plus de 60 kilomètres de Bugabira, pour desservir plus de 50 000 habitants. Estimé à plus de 5 milliards de francs burundais, le projet a été interrompu et reste aujourd’hui à l’arrêt, sans perspective claire de reprise.

Une promesse présidentielle restée lettre morte

Il y a quelques années, lors d’une visite dans la commune, le président Évariste Ndayishimiye avait donné un mois au gouverneur de Kirundo de l’époque, Albert Hatungimana, pour résoudre la situation. Ce dernier aurait affirmé à tort que la commune bénéficiait déjà de l’eau potable en abondance, ce qui lui aurait coûté son poste, selon diverses sources. À l’époque, Kirundo n’était pas encore incluse dans la nouvelle province de Butanyerera, qui regroupe les anciennes provinces du nord de la petite nation de l’Afrique de l’Est, selon le nouveau découpage administratif entré en vigueur avec les législatives de cette année.

Un cri de détresse de la population

« Ça fait plusieurs années que le problème est connu. Chaque fois qu’il y a des élections, on nous promet l’adduction des sources, en vain. Nous sommes laissés à nous-mêmes », regrettent des habitants qui se sont confiés à SOS Médias Burundi. Aujourd’hui encore, ils attendent une solution concrète et appellent le gouvernement à relancer les travaux d’adduction d’eau potable afin de mettre fin à cette marginalisation. Dans cette partie du pays, l’eau, pourtant essentielle à la vie, reste un luxe que beaucoup ne peuvent s’offrir.

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Photo : Des femmes puisent de l’eau et lavent du linge dans une rivière dans le nord-ouest du Burundi, illustrant les difficultés d’accès à l’eau potable pour les populations locales. © SOS Médias Burundi

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