Kirundo: une énième contribution forcée pour la construction d’une permanence provinciale du CNDD-FDD décriée

Kirundo: une énième contribution forcée pour la construction d’une permanence provinciale du CNDD-FDD décriée

Depuis une semaine, plusieurs Imbonerakure (membres de la ligue des jeunes du CNDD-FDD) en province de Kirundo (nord du Burundi) s’activent à collecter de l’argent. Ils expliquent que c’est une contribution destinée à construire un local qui servira de permanence provinciale du CNDD-FDD. Des habitants dénoncent « un racket organisé ». La somme exigée va jusqu’à 50 mille francs burundais. (SOS Médias Burundi)

Tout le monde, sans exception aucune doit payer l’argent, selon des témoins.

« Des Imbonerakure sont allés jusqu’à ériger des barrières servant de check points. Toute personne qui passe paie au moins cinq cents francs burundais », racontent des témoins.

D’autres Imbonerakure passent de stand à un autre dans le marché de province, sur les petits coins servant de petits commerces, sur les boutiques et dans des bars pour collecter de l’argent.

« Dans des magasins, ils entrent et fixent le montant à donner selon la grandeur estimée du capital. C’est bizarre, ils peuvent même te dire de payer un forfait de 50 mille francs burundais. Et si tu refuses, ils menacent de fermer ton commerce ou de te tuer », dénoncent des commerçants.

Des sources locales affirment que les responsables du CNDD-FDD à Kirundo ont exigé à tous les chefs de services publics d’exiger le reçu de payement de la contribution en guise d’offrir un quelconque service aux habitants.
C’est le cas de demandeurs de services à la province, la commune ou la zone. Même dans les services les plus sollicités comme au centre de santé ou à l’hôpital, le parti présidentiel force les patients à d’abord s’acquitter de la contribution avant de bénéficier de tout service.

« Ils m’ont d’abord menacé que si je ne donne pas la contribution, je devais penser à retourner en exil comme en 2015. J’ai hésité entre fuir encore une fois et payer l’argent. J’ai fait le deuxième choix malgré qu’il ne me restait juste que ce que j’ai donné. C’est terrible[…] », témoigne une femme rentrée de l’exil il y a près d’un an.

Des habitants de Kirundo disent être dépassés par d’interminables contributions forcées. Ils affirment que c’est au moins la 9ème fois que le CNDD-FDD collecte des fonds depuis janvier, et qu’ils ont également plusieurs fois payé d’autres montants destinés au même sujet chaque année depuis 2017.

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Photo : la permanence du CNDD-FDD en construction

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