Burundi : l’Aluchoto déplore des cas d’enlèvements et d’arrestations arbitraires

Burundi : l’Aluchoto déplore des cas d’enlèvements et d’arrestations arbitraires

SOS Médias Burundi

Bujumbura, 21 octobre 2025 –À l’occasion du 32e anniversaire de l’assassinat de Melchior Ndadaye, l’Aluchoto alerte sur des arrestations arbitraires et des détentions injustifiées au Burundi, appelant le gouvernement à honorer les idéaux du premier président hutu élu démocratiquement.

À l’occasion du 32e anniversaire de l’assassinat du président Melchior Ndadaye, héros de la démocratie commémoré chaque 21 octobre, l’Association de Lutte contre le Chômage et la Torture (Aluchoto) s’est dite préoccupée par des arrestations arbitraires visant certains citoyens opposés à l’idéologie du parti au pouvoir, le CNDD-FDD. L’association appelle le gouvernement à mettre en avant les idéaux de Ndadaye pour accomplir la mission qu’il avait initiée.

Arrestations arbitraires et détentions injustifiées

Vianney Ndayisaba, président de l’Aluchoto, a déclaré que la torture et les traitements inhumains persistent encore au Burundi, avec des cas d’emprisonnement sans motifs valables. Il a également dénoncé la surpopulation carcérale, signalant que certaines personnes continuent d’être détenues alors qu’elles ont déjà purgé leur peine.

Le  Monument des martyrs à Bujumbura  lieu de repos de Melchior Ndadaye et des officiels assassinés avec lui ©SOS Médias Burundi
Le Monument des martyrs à Bujumbura lieu de repos de Melchior Ndadaye et des officiels assassinés avec lui ©SOS Médias Burundi

Selon lui, les idéaux de Ndadaye ne sont plus respectés, et certains dirigeants actuels, pourtant issus de la lutte pour la démocratie, s’enrichissent personnellement au détriment de l’intérêt général.

Des autorités accusées de museler les dénonciateurs

Ndayisaba a dénoncé un groupe d’autorités qu’il qualifie de « gangsters affectés à la présidence », accusés de museler ceux qui dénoncent la mauvaise gestion des biens publics. Il cite le cas de la société Top Water, qui utiliserait de l’eau fournie par la Regideso pour produire de l’eau minérale. L’un des propriétaires, identifié comme proche du pouvoir, aurait été brièvement arrêté par le procureur de Bujumbura, avant d’être libéré sans suite.

Quelques jours plus tard, le ministre de la Justice, des Droits de la personne humaine et de la Solidarité, Arthémon Katihabwa, a suspendu ce procureur de ses fonctions. L’Aluchoto juge cette décision injuste et demande au président de la République de le réhabiliter afin qu’il continue à défendre l’intérêt national.

Héritage de Melchior Ndadaye

Melchior Ndadaye est le premier chef de l’État hutu à avoir accédé au pouvoir dans la petite nation de l’Afrique de l’Est, élu démocratiquement le 10 juillet 1993. Il a été assassiné le 21 octobre 1993, après seulement 102 jours à la tête du pays, déclenchant une guerre civile qui a coûté la vie à plus de 300 000 personnes, selon l’ONU.

La crise a pris fin avec l’accord d’Arusha de 2000, conclu entre les mouvements rebelles hutus et l’ancien gouvernement dominé par la minorité tutsi. Cet arrangement a permis à l’ancienne rébellion hutu, le CNDD-FDD, aujourd’hui parti présidentiel, d’accéder au pouvoir en 2005.

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Photo : Vianney Ndayisaba, président de l’Aluchoto, en conférence de presse, DR

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