Gitega : clôture d’un épisode judiciaire controversé autour des élèves de Green Hills
SOS Médias Burundi
Gitega, 9 novembre 2025 –Tous les 25 élèves du Green Hills International College de Gitega dans la capitale politique du Burundi, arrêtés fin octobre dans une affaire disciplinaire devenue judiciaire, sont désormais libres. Les 19 qui étaient encore en détention ont été remis en liberté le 6 novembre dernier sur décision du ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Arthémon Katihabwa.
Cette mesure a été prise après plusieurs jours de vives réactions suscitées par leur arrestation, jugée hâtive par de nombreux observateurs. La décision initiale provenait de l’ancienne procureure générale près la cour d’appel de Gitega, limogée le 7 novembre dernier.
Dans un premier temps, 25 élèves avaient été arrêtés. Cinq d’entre eux, âgés d’environ 18 ans, étaient détenus à la prison centrale de Gitega, tandis que quatorze autres étaient gardés dans les cachots de la police provinciale. Les six restants avaient été relâchés quelques jours plus tôt, avant la décision officielle du ministre.
La libération du 6 novembre a été exécutée en présence du président de la Cour suprême et du procureur général de la République.
Une libération saluée par les parents
Un parent d’élève, qui a requis l’anonymat, a salué la décision, la qualifiant d’« acte de véritable justice » et de signe d’humanité.
« La libération de ces jeunes est non seulement un acte de justice, mais aussi un geste salutaire d’un homme de droit animé d’une sensibilité parentale », a-t-il déclaré, exprimant sa reconnaissance envers le ministre Katihabwa.
Des arrestations controversées
Les élèves avaient été arrêtés à la suite d’une décision contestée, prise dans la précipitation.
Selon plusieurs sources locales, la magistrate aurait refusé d’élargir son enquête à certains élèves issus de familles influentes, notamment des enfants de hauts dignitaires et de généraux, alors que l’établissement est réputé accueillir des élèves de milieux aisés.
Cette attitude avait provoqué l’indignation de nombreux parents et observateurs, qui dénonçaient une justice à deux vitesses.
Retour à la vie scolaire
Après leur libération, les élèves ont regagné leur internat le soir même avant de reprendre les cours dès le lendemain matin.
Le climat s’est apaisé au sein de l’établissement, où enseignants et parents espèrent un retour durable à la sérénité.
Les parents appellent à la transparence
Les parents des élèves ont également demandé que la somme de 89 millions de francs burundais (Fbu), déjà versée pour la réparation des équipements scolaires et administratifs, soit déposée sur le compte du ministère de la Justice.
Ils plaident pour une gestion transparente de ces fonds, en attendant les conclusions des enquêtes policières toujours en cours.
Silence des autorités judiciaires locales
La direction de Green Hills International College et la procureure limogée n’ont pas souhaité commenter cette décision.
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Photo : Des élèves de Green Hills International College dans une salle informatique de l’établissement. Tous les 25 élèves qui avaient été arrêtés fin octobre ont désormais été libérés. © Green Hills International College / SOS Médias Burundi
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