Burundi : L’État face à une crise immobilière alarmante

Burundi : L’État face à une crise immobilière alarmante

SOS Médias Burundi

Bujumbura, 17 novembre 2025 – L’État burundais fait face à une dérive immobilière préoccupante. Selon des données présentées lors d’une réunion gouvernementale organisée la semaine dernière, le pays dépense près de 9 milliards de francs burundais par an pour louer environ 600 appartements et bureaux. Un coût colossal, alors que les quelque 300 maisons appartenant à l’État et mises en location ne rapportent qu’environ 500 millions de francs, révélant un profond déséquilibre dans la gestion du patrimoine public.

Cette réunion rassemblait le Premier ministre, le ministre des Finances, plusieurs membres du gouvernement ainsi que les gouverneurs de provinces et les chargés du patrimoine. Elle intervenait après la tournée du Premier ministre Nestor Ntahontuye dans le nord-est et l’ouest du Burundi, au cours de laquelle il a dénoncé de graves négligences dans l’enregistrement et la valorisation des infrastructures publiques. « Chaque infrastructure doit être identifiée et valorisée », a-t-il souligné.

La crise s’explique en grande partie par l’insuffisance d’investissements publics dans l’immobilier et par l’absence de fonds dédiés à la construction et à l’entretien des bâtiments administratifs. Une réalité que pointe depuis longtemps l’ONG PARCEM (Parole et Action pour le Réveil des consciences et l’évolution des mentalités). Son directeur national, Faustin Ndikumana, déplore notamment que « certains dignitaires privilégient la construction d’immeubles privés qu’ils louent ensuite à l’État, alourdissant davantage la charge financière nationale ».

Pour tenter d’y remédier, le Conseil des ministres a recommandé la récupération de toutes les maisons appartenant à l’État, aussi bien à Bujumbura, la capitale économique où sont concentrées les agences des Nations-Unies et l’administration centrale, qu’à l’intérieur du pays. L’objectif est de déloger les occupants actuels afin de réaffecter ces bâtiments aux services publics, a précisé le Secrétaire de l’État Jérôme Niyonzima.

L’ONG PARCEM appelle le gouvernement à aller plus loin en menant un inventaire complet des infrastructures publiques et en élaborant un plan de construction de nouveaux bâtiments administratifs adaptés aux besoins réels. Elle insiste également sur l’importance de réhabiliter les maisons abandonnées afin de réduire la dépendance de l’État à la location privée.

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Photo : des citadins circulent dans une rue principale de Bujumbura, où se concentrent la majorité des infrastructures publiques de la petite nation de l’Afrique de l’Est. ©SOS Médias Burundi

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