Burundi : plus de 6 millions de dollars attendus de l’exportation de minerais vers la Chine, la société civile exige transparence et évolution des mentalités
SOS Médias Burundi
Bujumbura, 20 novembre 2025 – Plus de 6 millions de dollars américains : c’est le montant que l’État burundais espère tirer de la vente des minerais récemment exportés vers la Chine. L’annonce a été faite la semaine dernière par le président de la République, Évariste Ndayishimiye, qui a toutefois précisé que la Banque de la République du Burundi (BRB) n’avait pas encore encaissé les recettes liées à ces exportations.
Le chef de l’État s’exprimait à l’issue de l’expédition d’un troisième convoi de minerais vers la Chine. Il a indiqué que, durant les 100 jours consacrés à la prospection, 29 sites miniers ont été identifiés, dont 13 sont déjà exploités. Les exportations sont gérées par l’Office Burundais des Mines et Carrières (OBM), mais plusieurs questions demeurent sur le circuit réel et la transparence des transactions.
Des interrogations sur la transparence et la gouvernance
Ces annonces ont suscité des critiques au sein de la société civile. Faustin Ndikumana, directeur national de Parcem (Parole et Action pour le Réveil des Consciences et des Mentalités), dénonce un manque de clarté sur la sélection des entreprises acheteuses et sur les entités responsables de la commercialisation des minerais.
« Dire que c’est l’État qui vend, très bien. Mais quelle structure administrative est réellement en charge ? La BRB ? L’OBM ? Comment a-t-elle été choisie ? S’agit-il d’un monopole consacré ? » s’interroge-t-il.
Pour la société civile, il est crucial que le Burundi adhère à l’Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives (ITIE), un cadre international permettant de suivre et de publier les revenus issus des ressources naturelles.
« Un gouvernement qui veut s’ouvrir à la transparence dans le secteur minier doit adhérer à l’ITIE. C’est une agence internationale spécialisée, capable de publier des chiffres fiables et de démontrer aux citoyens où vont réellement ces revenus », insiste Faustin Ndikumana.
Des retombées économiques et sociales attendues
Au-delà de l’argent, la société civile appelle le gouvernement à montrer des résultats tangibles dans la vie quotidienne des citoyens et à favoriser l’évolution des mentalités.
« À partir de 2026, on ne devrait plus voir de files interminables dans les stations-service, ni des parkings bondés où les passagers attendent des heures, ni des gens contraints de rentrer à pied faute de transport », souligne Faustin Ndikumana.
Le Burundi, classé par la Banque mondiale comme le pays le plus pauvre du monde, traverse la pire crise de son histoire, aggravée par une pénurie de carburant qui dure bientôt cinq ans. Dans ce contexte, la gestion transparente et responsable des exportations minières est devenue un enjeu crucial pour le développement du pays et la confiance des citoyens.
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Photo : un site d’extraction d’or très dangereux dans le nord‑ouest du Burundi, où plusieurs gisements ont été identifiés. L’État attend plus de 6 millions de dollars de recettes issues de ces minerais, selon les annonces du président Évariste Ndayishimiye. © SOS Médias Burundi
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