La Tanzanie impose le retour des Burundais malgré les risques et la Convention de Genève

La Tanzanie impose le retour des Burundais malgré les risques et la Convention de Genève

SOS Médias Burundi

Kigoma, 12 décembre 2025 – La 26ᵉ réunion de la Commission tripartite sur le rapatriement des réfugiés burundais en Tanzanie, tenue le 28 novembre 2025, a fixé le rythme des retours dits « volontaires » : 3 000 personnes par semaine, dont 2 000 depuis le camp de Nduta et 1 000 depuis Nyarugusu. Cette décision a été adoptée par les autorités tanzaniennes, le Burundi et le HCR, représenté par Barbara Bentum Williams Dotse, représentante-pays.

Pressions et intimidations dans les camps

Les réfugiés dénoncent un climat coercitif :

Démolition des habitations en cas de moindre infraction et inscription sur les listes de rapatriement

Fermeture des marchés, écoles, églises et centres de santé

Interdiction des activités commerciales, agricoles et des véhicules dans les camps

Arrestations arbitraires et enlèvements ciblés

« Un réfugié burundais vu en dehors du camp est traité comme un criminel, emprisonné et parfois torturé, puis renvoyé au Burundi, en violation de la convention sur les réfugiés »,
— un leader du camp de Nyarugusu.

Une jeune femme à une fontaine d’eau sur la colline de Mutambara ( sud-ouest du Burundi), une localité habitée par des rapatriés de Tanzanie. ©Jean Pierre Aimé Harerimana / SOS Médias Burundi)
Une jeune femme à une fontaine d’eau sur la colline de Mutambara ( sud-ouest du Burundi), une localité habitée par des rapatriés de Tanzanie. ©Jean Pierre Aimé Harerimana / SOS Médias Burundi

À Nyarugusu, ces mesures concernent uniquement les Burundais, alors que des réfugiés congolais vivent dans le même camp sans restrictions comparables.

Entretiens controversés et retours forcés

En octobre 2025, le HCR, le consulat burundais et les autorités tanzaniennes ont mené des entretiens pour évaluer la volonté des réfugiés de conserver leur statut.

« Plus de 97 % des réfugiés burundais n’ont pas de raisons fondées pour conserver le statut d’exilé et doivent donc rentrer de gré ou de force »,
— Barbara Bentum Williams Dotse, représentante-pays du HCR.

Ces entretiens ont suscité inquiétude et accusations de coercition parmi les réfugiés.

Conditions de vie critiques

À Gatumba, près de la frontière avec la RDC, un centre d’accueil d’urgence dans un camp de police a été mis en place, mais les conditions restent extrêmement précaires :

Manque de nourriture

Soins médicaux insuffisants

Hébergement rudimentaire, avec des hommes dormant à la belle étoile

Risques sanitaires élevés

Malgré ces difficultés, de nombreux réfugiés remercient le Burundi pour l’accueil et la protection.

Appel à la communauté internationale

Les plus de 110 000 réfugiés burundais encore présents en Tanzanie, ayant fui majoritairement la crise de 2015, lancent un cri d’alarme et demandent au HCR et à l’ONU de veiller au respect de la Convention de Genève de 1951 sur la protection des réfugiés et de garantir un retour sûr et réellement volontaire.

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Photo : signature d’un accord de rapatriement entre le Burundi, la Tanzanie et le HCR. Crédit photo : HCR-Tanzanie

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