Burundi : plus de 20 000 réfugiés enregistrés par l’ONPRA, les besoins humanitaires s’intensifient

Burundi : plus de 20 000 réfugiés enregistrés par l’ONPRA, les besoins humanitaires s’intensifient

SOS Médias Burundi

Bujumbura, 12 décembre 2025 – Depuis samedi dernier, le Burundi fait face à une arrivée exceptionnelle de réfugiés en provenance de l’est de la République démocratique du Congo (RDC), fuyant les violences qui sévissent dans la région. Selon l’Office national pour la protection des réfugiés et des apatrides (ONPRA), 20 001 réfugiés ont déjà été enregistrés sur le territoire burundais. Toutefois, le nombre réel pourrait être plus du double, en raison des arrivées continues et des zones encore non couvertes par les équipes de l’ONPRA.

Richard Uwimana, coordinateur à l’ONPRA, avertit :

« Le nombre réel est bien supérieur à nos chiffres officiels, car certaines zones ne sont pas encore couvertes par nos équipes. »

Un centre d’accueil précaire à Gatumba

À Gatumba, localité frontalière située à environ cinq kilomètres de la frontière principale avec Uvira — dernière grande ville de l’est congolais tombée aux mains du M23 dans la nuit du 9 décembre — un centre d’accueil d’urgence a été mis en place dans un camp de police.

Un policier burundais encadre l’installation de réfugiés congolais dans un camp de la Police nationale du Burundi (PNB), non loin de la frontière à Gatumba, alors que l’afflux de personnes fuyant les violences dans l’est de la RDC se poursuit. (SOS Médias Burundi
Un policier burundais encadre l’installation de réfugiés congolais dans un camp de la Police nationale du Burundi (PNB), non loin de la frontière à Gatumba, alors que l’afflux de personnes fuyant les violences dans l’est de la RDC se poursuit. ©SOS Médias Burundi

Les arrivants incluent de nombreuses familles, mais aussi des membres des forces armées de la RDC (FARDC) et des miliciens Wazalendo, mêlés au flux de civils.

Les conditions de vie dans le centre demeurent extrêmement précaires :

Manque de nourriture

Soins médicaux insuffisants

Hébergement rudimentaire, avec des hommes dormant à la belle étoile

Risques sanitaires élevés

Malgré ces difficultés, beaucoup de réfugiés expriment leur reconnaissance envers le Burundi pour l’accueil et la protection reçus.

Les organisations humanitaires présentes sur le terrain appellent à une mobilisation urgente de la communauté internationale pour répondre à cette crise qui s’aggrave.

Contexte régional : tensions dans l’est de la RDC et retombées pour le Burundi

La ville d’Uvira, tombée aux mains du M23 dans la nuit du 9 décembre, est située à quelques kilomètres de Bujumbura, la capitale économique du Burundi où sont concentrées les agences des Nations-Unies et l’administration centrale. Depuis trois décennies, l’est de la RDC est marqué par une escalade des conflits, impliquant de multiples groupes armés.

Le M23, majoritairement composé de Tutsi congolais et réactivé en 2021, contrôle désormais plusieurs villes du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, dont Uvira. Kinshasa accuse Kigali de soutenir le M23, tandis que le Rwanda dénonce l’appui de la RDC et du Burundi aux FDLR, un groupe hutu rwandais dont les membres sont accusés d’avoir participé au génocide des Tutsis en 1994.

Une réfugiée congolaise prépare de la pâte en plein air dans le camp de la Police nationale du Burundi (PNB) à Gatumba, où des réfugiés ont été abrités dans la précipitation, le 11 décembre 2025. ©SOS Médias Burundi
Une réfugiée congolaise prépare de la pâte en plein air dans le camp de la Police nationale du Burundi (PNB) à Gatumba, où des réfugiés ont été abrités dans la précipitation, le 11 décembre 2025. ©SOS Médias Burundi

Le Burundi, pour sa part, a déployé plus de 10 000 soldats en RDC depuis 2023 pour soutenir les FARDC et les milices locales Wazalendo, aggravant la complexité de la situation.

Dans le cadre des efforts diplomatiques pour réduire les tensions régionales, un accord de Washington a été signé le 4 décembre sous médiation américaine entre le Rwanda et la RDC, avec le Burundi représenté par son président Évariste Ndayishimiye en tant qu’observateur. Cet accord prévoit notamment le désarmement des FDLR, que le président Félix Tshisekedi décrit comme « une force résiduelle réduite au banditisme », ainsi que la réduction des tensions dans la région.

La chute d’Uvira et l’instabilité persistante dans l’est de la RDC ont des répercussions directes sur le Burundi, entraînant des flux massifs de réfugiés et exacerbant les besoins humanitaires.

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Photo : des militaires congolais et des miliciens Wazalendo fuient à bord d’un véhicule de l’armée congolaise. Photographie prise à Gatumba, le 11 décembre 2025. ©SOS Médias Burundi

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