Burundi : Noël sous la tempête, des réfugiés congolais frappés par de violentes pluies à Musenyi
SOS Médias Burundi
Musenyi, 26 décembre 2025 – Une forte pluie accompagnée de vents violents s’est abattue ce jeudi sur le site de réfugiés de Musenyi, dans la commune de Musongati, province de Burunga, au sud du Burundi. Cet épisode climatique extrême est venu aggraver la situation déjà précaire de plus de 20 000 réfugiés congolais qui y vivent, après avoir fui les violences persistantes dans l’est de la République démocratique du Congo.
Aux environs de 13 heures, de puissantes rafales et des pluies torrentielles ont provoqué d’importants dégâts matériels. Plusieurs abris de fortune, constitués essentiellement de tentes et de hangars, ont été détruits ou gravement endommagés. Des infrastructures communautaires, notamment des églises utilisées par les réfugiés, n’ont pas été épargnées. Des habitations appartenant aux communautés hôtes ont également subi des dommages.
Cette calamité a laissé des centaines de familles sans abri, exposées à la pluie et au vent. Les enfants, très nombreux sur le site, figurent parmi les plus affectés. En ce jour censé être marqué par la solidarité et le repos, Noël s’est transformé en une lutte pour trouver un refuge, sauver quelques biens et protéger les plus vulnérables.
Selon des témoignages recueillis sur place, plusieurs réfugiés racontent avoir vu leurs tentes s’effondrer en quelques minutes, emportant avec elles leurs rares effets personnels. Certains expliquent avoir passé l’après-midi à chercher refuge chez des voisins moins touchés ou sous des structures encore debout, dans la crainte permanente pour la sécurité de leurs enfants.
Un réfugié du site, joint sous couvert d’anonymat, témoigne :
« Toute ma famille était sous la tente quand le vent a commencé à tout arracher. J’ai couru pour sauver mes enfants. Nos matelas, notre nourriture et d’autres biens ont été endommagés. Nous n’avons plus rien, même pas un endroit sec pour dormir. »
D’autres réfugiés, déjà éprouvés par des catastrophes précédentes, évoquent un profond sentiment de découragement. Ils rappellent qu’au mois d’avril dernier, de fortes pluies avaient déjà causé d’importants dégâts dans la zone, avec des inondations signalées. Pour eux, la répétition de ces aléas climatiques accentue la détresse et l’incertitude quant à l’avenir.

Une réfugiée et son enfant face aux vents et pluies qui ont détruit leur abri à Musenyi, sud du Burundi, décembre 2025. © SOS Médias Burundi
Les quartiers les plus touchés par cette nouvelle tempête sont les quartiers 29, 30, 39 et 43, où les destructions sont particulièrement visibles. Dans ces zones, de nombreux abris sont devenus inhabitables, contraignant les familles à improviser des solutions temporaires dans des conditions extrêmement difficiles.
En ce jour de Noël marqué par la détresse, les réfugiés de Musenyi lancent un appel pressant à l’aide humanitaire au gouvernement burundais, au HCR et à ses partenaires pour la reconstruction des abris, la protection des enfants et la fourniture de biens de première nécessité. Mais l’assistance risque de se faire attendre, en vain. La petite nation de l’Afrique de l’Est a accueilli durant ce mois de décembre environ 90 000 nouveaux réfugiés congolais, installés dans des sites dépourvus d’eau potable, d’installations sanitaires, d’abris sécurisés et ne respectant aucune norme minimale de conditions humanitaires.
À Musenyi, cette catastrophe climatique rappelle une fois de plus l’extrême vulnérabilité des populations déplacées, prises en étau entre conflits armés et dérèglements climatiques.
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Photo : Des enfants se tiennent devant un abri détruit par les vents violents au site de Musenyi, dans le sud du Burundi, décembre 2025. © SOS Médias Burundi
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