Burundi : la journaliste Sandra Muhoza condamnée à quatre ans de prison, relance le débat sur la liberté de la presse
SOS Médias Burundi
Ngozi, 14 janvier 2026 – Le Tribunal de grande instance de Ngozi, dans le nord du Burundi, a condamné ce mercredi la journaliste Sandra Muhoza, correspondante du média indépendant La Nova Burundi, à quatre ans de prison ferme et à une amende de 200 000 francs burundais. L’accusation retenue contre elle : atteinte à la sécurité intérieure de l’État et incitation à la division ethnique.
Cette peine, bien que moins sévère que les douze ans de prison et l’amende d’un million de francs requis par le parquet lors de l’audience de fond du 19 décembre 2025, confirme la culpabilité de la journaliste, qui avait été arrêtée en mars 2024 et détenue d’abord à la prison centrale de Mpimba à Bujumbura, la capitale économique du Burundi, avant son transfert à la prison de Ngozi.
Une affaire née d’échanges sur WhatsApp
Les poursuites engagées contre Sandra Muhoza portent sur des propos qu’elle aurait tenus dans un groupe WhatsApp de journalistes locaux. Déjà condamnée en décembre 2024 à 21 mois de prison pour un message partagé dans ce groupe, elle est devenue un symbole des pressions exercées sur la liberté de la presse au Burundi. Ses avocats dénoncent des accusations floues et politiquement motivées.
Le rôle du président et le recours à la grâce
Le président Évariste Ndayishimiye a récemment invité Sandra Muhoza et le journaliste Kenny Claude Nduwimana, emprisonné à Mpimba, à officialiser une demande de pardon. Le chef de l’État a cité le cas de Floriane Irangabiye, graciée en août 2024 alors qu’elle purgeait dix ans de prison ferme depuis janvier 2023.
« Ils savent par quelle voie cela se fait », a déclaré le président à des reporters à Bujumbura, rappelant que l’accès à la grâce présidentielle constitue une option dans le traitement de certaines affaires.
Un troisième journaliste, Didier Ndihokubwayo, ancien de Radio Maria Burundi, détenu à Mpimba depuis décembre 2024 pour « détention illégale d’armes », a récemment été condamné à trois ans de prison ferme.
Une condamnation dans un contexte de pressions sur la presse
Cette nouvelle condamnation s’inscrit dans un contexte où les journalistes burundais sont soumis à des pressions judiciaires et politiques, et où l’accès à une justice indépendante reste limité. Selon plusieurs organisations de défense de la liberté de la presse, le maintien en détention de journalistes pour des motifs jugés flous souligne la fragilité de la liberté d’expression dans le pays.
Pour Sandra Muhoza, la bataille judiciaire continue, et sa condamnation relance le débat sur le traitement des journalistes au Burundi et sur le rôle de la grâce présidentielle dans un contexte où la presse indépendante reste sous forte pression.
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