Burundi : le CEPID alerte sur la dégradation des conditions de travail des journalistes
SOS Médias Burundi
Bujumbura, 11 février 2026 – Le Centre pour la Promotion de l’Information et du Développement (CEPID) tire la sonnette d’alarme sur les conditions dans lesquelles exercent les journalistes dans la petite nation de l’Afrique de l’Est. L’organisation évoque des salaires jugés dérisoires, un accès limité aux sources d’information – notamment auprès des autorités – ainsi que de multiples difficultés rencontrées sur le terrain. Selon elle, ces contraintes constituent un frein sérieux à l’exercice du métier et à la liberté de la presse.
Dans son rapport annuel sur le paysage médiatique, publié mardi 10 février, le CEPID rappelle que, d’après le Classement mondial de la liberté de la presse 2025 établi par Reporters sans frontières (RSF), le Burundi occupe la 125e place sur 180 pays, soit une baisse de 17 rangs par rapport à l’année précédente.
Pour Patrick Niyonkuru, président du CEPID, cette évolution négative reflète une dégradation continue de l’environnement médiatique. Elle confirme, selon lui, les difficultés persistantes auxquelles font face les professionnels des médias.
Le responsable critique également le rôle du Conseil national de la communication (CNC), estimant qu’il ne remplit pas pleinement sa mission d’accompagnement et de régulation. Il rappelle que la loi burundaise garantit pourtant la liberté de la presse et la liberté d’expression, et appelle le gouvernement à faire respecter la Constitution afin d’assurer un environnement favorable au travail des journalistes.
Le CEPID souligne que la radio demeure la principale source d’information pour la population. L’organisation salue en parallèle l’essor de la presse en ligne, malgré un taux de pénétration d’Internet encore limité et largement concentré dans les centres urbains, ce qui constitue un défi majeur pour l’accès équitable à l’information.
Le centre dénonce par ailleurs les mauvaises conditions de travail ainsi que des rémunérations insuffisantes, des facteurs qui continuent, selon lui, de fragiliser le secteur.
Patrick Niyonkuru évoque aussi une censure qu’il qualifie d’indirecte et administrative. Il cite notamment les suspensions temporaires de programmes, les avertissements officiels et les rappels à l’ordre émis par le CNC contre des médias accusés de « manquements à l’éthique » ou de « déséquilibre dans le traitement de l’information politique ».
Il demande au gouvernement de renforcer les garanties institutionnelles visant à assurer la sécurité des journalistes afin de prévenir la répétition des atteintes à leur encontre. Il recommande également au CNC et aux autres institutions compétentes de privilégier le dialogue et des sanctions administratives proportionnées, afin d’éviter l’emprisonnement de journalistes ou la suspension de médias en cas de manquement aux règles déontologiques.
Même si les autorités reconnaissent l’existence de certains défis, elles présentent régulièrement le paysage médiatique burundais comme l’un des plus performants de la région.
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Photo : Des journalistes burundais rassemblés à la Maison de la Presse dans la ville commerciale Bujumbura la veille des législatives du 5 juin 2025. © SOS Médias Burundi
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