Burundi : RSF dénonce une condamnation “arbitraire” de la journaliste Sandra Muhoza
SOS Médias Burundi
Bujumbura, 15 janvier 2026 – L’organisation internationale Reporters sans frontières (RSF) a vivement dénoncé la condamnation à quatre ans de prison ferme infligée à la journaliste burundaise Sandra Muhoza, estimant qu’il s’agit d’une décision « arbitraire » et révélatrice de la persistance de la répression contre la presse indépendante au Burundi.
Dans un communiqué publié le 14 janvier 2026, RSF critique la peine prononcée par le Tribunal de grande instance de Ngozi, dans le nord du Burundi, qu’elle juge « extrêmement sévère », affirmant que la journaliste est poursuivie pour un simple message partagé dans un groupe WhatsApp privé de journalistes, sans publication ni intention de nuire.
Une procédure jugée opaque et disproportionnée
RSF souligne que la procédure judiciaire a été marquée par des irrégularités, notamment des changements de juridiction et une requalification successive des charges. L’organisation estime que les infractions retenues — dont « atteinte à l’intégrité du territoire national » et « aversion raciale » — sont manifestement disproportionnées par rapport aux faits reprochés.
L’ONG rappelle que Sandra Muhoza avait initialement été condamnée à 21 mois de prison en 2024, une décision annulée pour incompétence territoriale, avant qu’elle ne soit rejugée et condamnée plus lourdement.
RSF saisit les mécanismes africains des droits humains
L’organisation indique avoir saisi la Rapporteure spéciale sur la liberté d’expression et l’accès à l’information en Afrique de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP), afin d’alerter sur ce qu’elle qualifie d’instrumentalisation de la justice à des fins de dissuasion contre les journalistes.
RSF insiste également sur le fait que Sandra Muhoza est actuellement la seule femme journaliste détenue en Afrique subsaharienne, une situation qu’elle décrit comme un « signal extrêmement inquiétant » pour la liberté de la presse sur le continent.
Appel à la libération et rappel d’une déclaration présidentielle
RSF appelle à la libération immédiate et inconditionnelle de la journaliste et à l’abandon des poursuites pénales liées à l’expression ou à l’activité journalistique.
Cette réaction intervient alors qu’en décembre 2025, le président burundais Évariste Ndayishimiye avait invité Sandra Muhoza et Kenny Claude Nduwimana, un autre journaliste détenu à la prison centrale de Bujumbura, communément appelée Mpimba, à lui écrire en vue d’obtenir une grâce présidentielle.
Le chef de l’État avait alors déclaré : « Je n’étais pas du tout au courant de l’affaire Sandra Muhoza ».
À ce stade, aucune réaction officielle des autorités judiciaires burundaises n’a été enregistrée à la suite du communiqué de RSF.
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