Cibitoke : la fermeture d’un barrage d’irrigation menace les cultures de riz
SOS Médias Burundi
Cibitoke, 16 janvier 2026 – Des agriculteurs des zones de Rugombo et de Cibitoke, dans la commune de Cibitoke, en province de Bujumbura, à l’ouest du Burundi, tirent la sonnette d’alarme après la fermeture temporaire d’un barrage d’irrigation qui alimente leurs périmètres agricoles. Une décision des autorités qu’ils jugent dangereuse pour leurs cultures, notamment le riz, en pleine phase critique de besoin en eau.
Les cultivateurs, majoritairement riziculteurs installés sur les collines des zones de Rugombo et de Cibitoke, accusent les services provinciaux de l’Agriculture et de l’Élevage, en collaboration avec l’administration locale, d’avoir interrompu l’accès à l’eau sans consultation préalable. Selon eux, l’approvisionnement en eau a été coupé dans la matinée du mercredi 15 janvier, officiellement pour permettre le curage et l’entretien des canaux d’irrigation obstrués.
Une décision qui intervient alors que la saison des pluies se fait de plus en plus irrégulière et que les rizières traversent une étape déterminante du cycle cultural, nécessitant un apport constant en eau. « Sans irrigation, nos champs risquent de se dessécher en quelques jours », alerte un agriculteur de la zone.
Les producteurs redoutent des pertes importantes. Plusieurs affirment avoir contracté des crédits auprès de banques et d’institutions de microfinance pour financer la campagne agricole, misant sur l’irrigation pour garantir les rendements. Une récolte compromise mettrait en péril l’équilibre économique de nombreux ménages agricoles.
Une fermeture jugée prématurée
Les agriculteurs rappellent que, selon les pratiques habituelles, la fermeture de l’eau intervient généralement vers la mi-août, et non au cœur de la saison culturale. Ils estiment que cette mesure pourrait entraîner de graves conséquences sociales et économiques dans la région.
Contactées, les autorités en charge de l’agriculture et de l’administration locale indiquent que cette interruption s’inscrit dans un calendrier préétabli de curage des canaux d’irrigation. Elles assurent que l’eau sera rouverte dans le courant du mois, en attendant que les pluies prennent le relais.
Des explications jugées insuffisantes par les agriculteurs, d’autant plus que certains affirment ne pas avoir encore reçu les engrais, souvent coûteux, promis pour soutenir leurs cultures.
Face à cette situation, les producteurs appellent les responsables provinciaux du secteur agricole à intervenir en urgence afin d’éviter une crise agricole susceptible d’avoir de lourdes répercussions sociales dans la province de Bujumbura.
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Photo : une femme fait la lessive pendant que ses enfants puisent de l’eau dans un canal d’irrigation. ©SOS Médias Burundi
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