Nyarugusu (Tanzanie) : un hôpital submergé par l’afflux de réfugiés burundais et congolais

Nyarugusu (Tanzanie) : un hôpital submergé par l’afflux de réfugiés burundais et congolais

SOS Médias Burundi

Nyarugusu, 8 février 2026 –Le seul hôpital encore opérationnel au camp de réfugiés de Nyarugusu, dans la région de Kigoma, au nord-ouest de la Tanzanie, est débordé. Situé dans la partie du camp accueillant des réfugiés congolais, il reçoit désormais également des milliers de réfugiés burundais dont tous les postes de santé ont été détruits.

Des structures sanitaires détruites

La démolition des habitations des réfugiés burundais a également touché les infrastructures de santé. Au moins trois structures sanitaires, dont un hôpital, ont été détruites, privant des milliers de réfugiés d’accès aux soins de base. Le seul établissement encore fonctionnel dans la zone 5 se retrouve submergé par un nombre croissant de patients.

« Par jour, nous recevons plus de cinq mille personnes. C’est extrêmement inacceptable, car nous ne pouvons pas assurer un suivi régulier même à moins de la moitié de ces vulnérables », explique un volontaire médical, qui dénonce aussi le manque de personnel et d’approvisionnement en médicaments.

La majorité des patients sont des enfants et des femmes enceintes, en grande partie des réfugiés burundais, souffrant de maladies liées au froid et au paludisme.

Une situation propice à la corruption

Le manque de personnel et de ressources entraîne des pratiques de corruption :

« Pour nous Burundais, nous pouvons donner entre 50 000 et 100 000 shillings tanzaniens pour qu’une femme accouche dans de bonnes conditions. On glisse l’argent dans la fiche d’enregistrement, et celui qui te reçoit décide ensuite de ton sort », raconte une source présente à l’hôpital.
« Le personnel soignant montre quand même de la sympathie pour nous qui n’avons presque plus d’abris, mais exige une petite somme dite d’achat de rafraîchissement », ajoute notre source.

Pour les réfugiés congolais, les montants peuvent atteindre 200 000 à 250 000 shillings. Selon un autre volontaire :

« Le peu de personnel disponible n’est pas payé. Ce sont des volontaires qui cherchent simplement à survivre. »

Une catastrophe humanitaire dénoncée

Fin janvier, l’ONG Médecins Sans Frontières (MSF), active dans la santé des camps de Nyarugusu et Nduta, a tiré la sonnette d’alarme sur la démolition des habitations et des postes de santé, ainsi que sur la recrudescence des violences contre les mineurs :

« C’est dommage et condamnable. Un poste de santé doit toujours être protégé, même en temps de guerre. Nous en avons d’autant plus besoin pour faire face aux maladies liées à cette situation », pouvait-on lire dans le rapport de MSF.

Selon plusieurs activistes, la situation pourrait donner lieu à des poursuites devant des juridictions internationales.

Pour le moment, plusieurs milliers de réfugiés dans les camps de Nyarugusu et Nduta s’enregistrent contre leur gré pour un retour forcé. La Tanzanie accueille encore plus de 110 000 réfugiés burundais, pour la plupart fuyant la crise politique de 2015 déclenchée par le troisième mandat controversé de feu président Pierre Nkurunziza.

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Photo : plusieurs dizaines de réfugiés burundais sans abris, dont certains dorment à même le sol, attendent d’être rapatriés après la destruction de leurs maisons au camp de Nyarugusu. Selon les autorités tanzaniennes, le camp sera fermé le 31 mars prochain. ©SOS Médias Burundi

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