Rumonge : 2 700 enfants abandonnent l’école, la route du trafic humain s’ouvre

Rumonge : 2 700 enfants abandonnent l’école, la route du trafic humain s’ouvre

SOS Médias Burundi

Rumonge, 5 mars 2026 – Depuis le début de l’année scolaire 2025-2026, la commune de Rumonge, en province de Burunga, dans le sud de la petite nation de l’Afrique de l’Est, est frappée par une vague alarmante d’abandons scolaires. Près de 2 700 élèves auraient quitté les bancs de l’école pour chercher du travail à l’étranger, principalement en Tanzanie. Les autorités éducatives dénoncent un possible réseau de trafic humain ciblant les familles les plus vulnérables.

L’alerte est donnée par un responsable scolaire de la commune de Rumonge, contacté par SOS Médias Burundi et ayant requis l’anonymat. Selon lui, près de 2 700 élèves ont déjà quitté l’école depuis la rentrée 2025-2026.

« Ces enfants ôtent leurs uniformes scolaires en espérant un lendemain meilleur », déplore cette autorité éducative, soulignant l’ampleur d’une véritable hémorragie dans les établissements scolaires de la région.

Promesses trompeuses et piège bien rodé

Selon cette source, des individus encore non identifiés sillonnent les quartiers et collines de Rumonge pour convaincre les élèves, principalement issus de familles pauvres, de quitter l’école. Ils leur promettent des emplois bien rémunérés en Tanzanie ou au Mozambique, avec prise en charge des frais de transport et accompagnement jusqu’à destination.

Mais derrière ces promesses séduisantes se cache un réseau organisé assimilable à du trafic humain, une infraction sévèrement punie par le code pénal burundais.

Des familles vulnérables ciblées

Les recruteurs viseraient en priorité les familles en situation de précarité. Face aux difficultés économiques persistantes, certaines cèdent à la tentation d’un départ qui semble offrir une alternative à la pauvreté.

Pourtant, les risques sont énormes : exploitation économique, travail forcé, conditions de vie précaires, voire disparition pure et simple des enfants partis sans protection légale.

Appel à l’intervention des forces de l’ordre

Le responsable scolaire exhorte la police de Rumonge à agir rapidement pour identifier et arrêter les présumés malfaiteurs.

« Il s’agit d’un trafic humain déguisé. Nous ne pouvons pas rester silencieux pendant que nos élèves disparaissent », insiste-t-il.

Un défi majeur pour l’avenir

Au-delà des chiffres, cette vague d’abandons scolaires soulève une question cruciale : quel avenir pour une génération qui quitte prématurément le système éducatif ?

Le cas de Rumonge n’est pas isolé. Dans tout le Burundi, y compris dans la région de Bujumbura, abritant la capitale économique où sont concentrées les agences des Nations unies et l’administration centrale, les abandons scolaires atteignent des niveaux préoccupants, souvent des dizaines de milliers par an, touchant principalement l’école fondamentale. Les causes majeures sont la pauvreté extrême, la recherche de travaux saisonniers, la faim et les grossesses précoces.

Si rien n’est fait rapidement, le pays risque de perdre une génération entière, fragilisant davantage le tissu social et compromettant les efforts nationaux en matière d’éducation et de protection des enfants.

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Photo : Des jeunes travailleurs sur un site de production d’huile de palme à Rumonge, dans le sud-ouest du Burundi, où près de 2 700 enfants ont abandonné l’école depuis le début de l’année scolaire 2025-2026, attirés par des promesses de travail à l’étranger © SOS Médias Burundi

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