Burundi : deux découvertes macabres relancent les craintes d’un climat d’impunité

Burundi : deux découvertes macabres relancent les craintes d’un climat d’impunité

SOS Médias Burundi

Gitega, 4 mars 2026- Deux décès survenus cette semaine dans les communes de Bugendana, province de Gitega (centre du Burundi), et Matana, province de Burunga (sud du pays), ont suscité inquiétude et interrogations parmi les habitants locaux.

Le premier cas concerne Luc Nsambayiruka, 77 ans et père de onze enfants, retrouvé mort le 3 mars 2026 dans un caniveau sur la colline Kivuvu, commune Bugendana, province de Gitega.
Le chef de colline, Jacques Mbayahaga, confirme la découverte du corps mais souligne que les circonstances exactes du décès restent à établir. Selon lui, la victime pourrait avoir chuté après avoir consommé une grande quantité d’alcool. Aucun suspect n’a été interpellé à ce jour. Le corps a été transféré à l’hôpital de Mutoyi et inhumé le 4 mars 2026.

Le 2 mars 2026, un autre corps a été retrouvé dans la rivière Ruvyironza, près de la colline Mahwa, commune Matana, province de Burunga. Il s’agit de Shabani Rivuzimana, 17 ans, porté disparu depuis le 19 février 2026. Le chef de colline Cassien Ngendakumana indique que le jeune serait mort par noyade alors qu’il gardait des vaches.

Ces deux incidents s’inscrivent dans un contexte sécuritaire préoccupant. Depuis le début de l’année 2026, la province de Gitega a déjà enregistré la découverte d’une vingtaine de cadavres. En 2025, elle figurait parmi les zones les plus meurtrières du pays selon la Ligue Iteka, organisation de défense des droits humains, aujourd’hui contrainte de travailler depuis l’exil en raison des pressions sur les associations locales.

Le week-end dernier, trois autres personnes ont été tuées dans les communes de Gishubi et Gitega. Parmi elles, un nouveau-né retrouvé sur la colline Rukiga, un homme de 44 ans sur la colline Mugutu, et un veilleur de 70 ans tué à coups de gourdin lors d’un cambriolage. Ces drames renforcent le sentiment d’un climat d’impunité persistant, où les crimes restent souvent non élucidés.

Les habitants des collines Kivuvu et Mahwa réclament l’ouverture d’enquêtes indépendantes et transparentes afin de faire toute la lumière sur les faits et d’établir les responsabilités éventuelles.

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Photo : À Gitega, un secouriste repêche l’un des corps découverts dans une rivière le week-end du 15 février, illustrant l’ampleur tragique des incidents récents et le climat d’insécurité qui touche les communes de Bugendana et Matana. ©DR/SOS Médias Burundi

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