Photo de la semaine–Musenyi : plus de 22 000 réfugiés à l’étroit, la crise du logement s’aggrave
Le site de Musenyi, installé en commune de Musongati dans la province de Burunga au sud du Burundi, accueille aujourd’hui plus de 22 000 réfugiés. Conçu initialement en 2024 pour 10 000 personnes, il voit un an après l’arrivée massive de février 2025 sa situation de logement fortement dégradée, exposant des milliers de familles à des conditions de vie précaires et à de multiples risques.
Sur le site, les réfugiés vivent dans trois types de logements distincts. Les premiers arrivés en 2024 occupent des maisons en dur, relativement stables. En revanche, ceux arrivés en 2025 sont logés dans des tentes subdivisées en petites pièces séparées par de vieux rideaux, tandis que d’autres vivent dans des hangars communautaires.
Si les conditions varient selon le type d’abri, les difficultés restent généralisées : chaleur excessive, insécurité, vols nocturnes et détérioration des installations constituent le quotidien de nombreux ménages.
Hangars communautaires : promiscuité et insécurité
Les hangars communautaires figurent parmi les abris les plus problématiques. Certains accueillent plus de 100 personnes dans un même espace, sans cloisonnement suffisant. Un réfugié installé au hangar numéro 57, sous couvert d’anonymat, témoigne :
« Nous vivons entassés, sans intimité. Les familles dorment côte à côte, séparées parfois par de simples draps. La journée, il fait extrêmement chaud et, la nuit, l’air circule mal. Les enfants tombent souvent malades. Il est difficile de se reposer ou même de discuter en famille. Cela fait dix mois que je vis ici et chaque jour devient plus lourd à supporter. Nous avons aussi peur des vols, car tout le monde entre et sort librement. »
La promiscuité favorise non seulement les tensions entre occupants, mais accentue également les risques sanitaires et sécuritaires.
Tentes : usure et vulnérabilité
L’état des tentes constitue un autre sujet d’inquiétude majeur. Avec le temps et l’exposition aux intempéries, de nombreuses tentes se sont détériorées. Lors des pluies, l’eau s’infiltre à l’intérieur, mouillant nourriture et effets personnels.
Waso, mère de quatre enfants, alerte sur la fragilité des installations :
« Notre tente est déjà très usée. Quand il pleut, l’eau entre de partout. Nous passons parfois la nuit debout pour protéger les enfants et nos quelques affaires. Certaines tentes sont déchirées et fermées seulement avec des cordes. Au moindre vent, elles peuvent s’effondrer. Nous vivons dans la peur permanente. »
Certaines tentes sont maintenues par des attaches de fortune, mettant en danger leurs occupants, notamment les enfants et les personnes âgées.
Appel urgent aux partenaires humanitaires
Face à cette situation, les réfugiés lancent un appel pressant au CHR et aux partenaires humanitaires pour envisager la construction d’habitations plus solides et durables. Avec une population plus que doublée par rapport à sa capacité initiale, le site de Musenyi fait face à une pression considérable sur ses infrastructures.
Sans intervention rapide, les conditions de vie risquent de se détériorer davantage, aggravant la vulnérabilité de milliers de personnes déjà éprouvées par l’exil.
Les occupants du site de Musenyi sont originaires de l’est congolais, ayant fui les hostilités qui persistent dans cette région très riche en minerais depuis trois décennies.
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Notre photo : des enfants se tiennent devant une tente envahie par les eaux au site de Musenyi, dans la province de Burunga, où plus de 22 000 réfugiés vivent à l’étroit dans des conditions précaires, exposés à la chaleur, à la promiscuité et aux risques sanitaires © SOS Médias Burundi
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