Makamba : une sexagénaire sauvagement attaquée après avoir défié l’impunité

Makamba : une sexagénaire sauvagement attaquée après avoir défié l’impunité

SOS Médias Burundi

Makamba, 27 avril 2026 — Dans la province de Burunga, au sud du Burundi, une sexagénaire affirme avoir été violemment agressée dans un contexte de tensions persistantes liées à une affaire de meurtre survenue fin 2025. Elle dénonce, comme d’autres habitants, des actes de violences, de harcèlement et de représailles visant des personnes perçues comme proches de la famille de la victime, sur fond d’accusations d’impunité et de défaillances dans la protection des civils.

Dans la province de Burunga, commune de Makamba, sur la colline de Kizingoma, une femme âgée de plus de 60 ans affirme être victime de harcèlement, de violences et d’exclusion de la part de certains responsables administratifs locaux et de membres influents du parti au pouvoir, le CNDD-FDD.

Connue sous le nom d’Anastasie Gakobwa, cette sexagénaire dit avoir été grièvement blessée à l’œil dans la soirée de mercredi dernier. Selon des témoignages recueillis sur place, elle aurait été attaquée vers 20 heures dans un bistrot de la localité par un chef de dix ménages, communément appelé « Nyumbakumi », identifié sous le nom de Nyabenda.

D’après ces mêmes sources, l’homme lui aurait lancé une pierre au visage après lui avoir adressé des menaces, déclarant notamment que « la malchance ne frappe pas deux fois ». Le choc aurait gravement atteint son œil, suscitant de vives inquiétudes chez ses proches quant à une possible perte de la vue.

Plusieurs habitants indiquent qu’Anastasie Gakobwa serait prise pour cible depuis qu’elle a manifesté son soutien à la famille de Victor Niyonzima, dont le fils, Boris Niyonzima, a été tué à la fin de l’année 2025 dans des circonstances controversées.

Selon des sources locales, le jeune homme, qui s’apprêtait à fonder une famille, aurait été tué par des individus identifiés comme membres des Imbonerakure, la ligue des jeunes du CNDD-FDD, avec des soupçons évoquant également l’implication de certains responsables locaux. Ces allégations n’ont pas été confirmées par les autorités.

À la suite de ce drame, sept personnes avaient été arrêtées, parmi lesquelles le chef de la colline de Kizingoma, un responsable local du CNDD-FDD ainsi que plusieurs Imbonerakure. Toutefois, après près de deux mois de détention, elles ont été remises en liberté par le tribunal de grande instance de Makamba.

Des habitants évoquent des pressions exercées sur la justice par certains militants du parti au pouvoir en vue d’obtenir la libération des suspects. Là encore, ces informations n’ont pas pu être vérifiées de manière indépendante.

Depuis cette affaire, Anastasie Gakobwa affirme vivre dans des conditions difficiles. Elle dit avoir été exclue de plusieurs services essentiels au niveau de la colline, notamment l’accès à certains commerces et à des intrants agricoles pourtant déjà payés. Elle dénonce également diverses formes de discrimination.

La famille de Victor Niyonzima affirme, de son côté, continuer à subir des représailles, notamment la destruction de biens, des atteintes au bétail et des actes de sabotage agricole, comme l’épandage de sel dans les champs, ainsi que des intimidations répétées.

Après l’agression, Anastasie Gakobwa a saisi la police. Selon ses proches, la personne qu’elle accuse se serait présentée aux autorités avant d’être relâchée, ce qui alimente un sentiment d’impunité au sein de la communauté.

La famille indique avoir multiplié les démarches auprès des autorités depuis la mort de Boris Niyonzima. Le 13 janvier 2026, une correspondance aurait été adressée au commissaire provincial de la police de Makamba, avec copies notamment au gouverneur de Burunga, Parfait Mboninyibuka, à l’administrateur communal de Makamba, Prosper Bizimana, ainsi qu’au chef de zone de Kabuye, afin de demander des mesures de protection.

Selon leurs témoignages, aucune réponse concrète n’aurait, à ce jour, permis de mettre fin aux menaces.

Face à cette situation, Anastasie Gakobwa et la famille Niyonzima lancent un appel aux autorités compétentes, aux organisations de défense des droits humains et à la société civile afin que leur sécurité soit assurée et que toute la lumière soit faite sur ces événements.

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Photo : Une femme se déplace à bord d’un taxi-vélo à Makamba, où Anastasie Gakobwa affirme avoir été victime d’une agression dans un contexte de tensions liées à une affaire de meurtre survenue fin 2025. © SOS Médias Burundi

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