Bujumbura : le choléra réapparaît à Buyenzi, les autorités renforcent les mesures d’assainissement

Bujumbura : le choléra réapparaît à Buyenzi, les autorités renforcent les mesures d’assainissement

SOS Médias Burundi

Bujumbura, 15 mai 2026 – Quatre cas de choléra ont été signalés dans le quartier Swahili de la zone Buyenzi, en commune Mukaza, au cœur de la capitale économique burundaise. Cette résurgence intervient alors que les autorités multiplient les mesures d’assainissement dans plusieurs quartiers de Bujumbura afin de prévenir la propagation des maladies liées au manque d’hygiène.

Selon des informations recueillies sur place, les cas recensés concernent principalement la 5e et la 7e avenue de l’ancien quartier Buyenzi, aujourd’hui appelé quartier Swahili. Trois malades proviennent de la 5e avenue et une autre personne de la 7e avenue. Toutes sont actuellement prises en charge dans différentes structures sanitaires de Bujumbura.

Des habitants expriment une vive inquiétude face au risque de propagation de l’épidémie, particulièrement dans un contexte marqué par une pénurie persistante d’eau potable dans plusieurs zones de la ville. Certains dénoncent également l’insalubrité qui caractérise ce quartier populaire et craignent surtout pour la santé des jeunes enfants.

« Sans eau potable, il devient difficile de respecter les règles élémentaires d’hygiène », déplore un résident contacté sur place. D’autres habitants estiment que l’accumulation des déchets et le mauvais état des caniveaux favorisent l’apparition de maladies hydriques comme le choléra.

Une autorité administrative locale confirme les cas enregistrés et reconnaît que le quartier fait face à un sérieux problème d’assainissement. Selon cette source, l’absence d’eau potable et le manque d’hygiène risquent d’aggraver la situation si des mesures urgentes ne sont pas prises.

L’administration appelle ainsi les habitants à respecter strictement les règles d’hygiène, notamment le lavage régulier des mains, la consommation d’eau propre et l’entretien des alentours des habitations. Elle demande également au ministère de la Santé publique d’intervenir rapidement afin de contenir l’épidémie.

Des agents de santé en train de pulvériser l’intérieur et l’extérieur des ménages à Buterere, au nord de Bujumbura, une zone fortement menacée par le paludisme et le choléra. ©SOS Médias Burundi
Des agents de santé en train de pulvériser l’intérieur et l’extérieur des ménages à Buterere, au nord de Bujumbura, une zone fortement menacée par le paludisme et le choléra. ©SOS Médias Burundi

Le gouvernement renforce les mesures d’assainissement

Cette alerte sanitaire survient au moment où le gouvernement burundais intensifie sa campagne nationale d’assainissement urbain. Mercredi, le ministre de l’Intérieur, du Développement communautaire et de la Sécurité, Léonidas Ndaruzaniye, accompagné du ministre de la Santé publique, Fidèle Nkezabahizi, a effectué une tournée dans plusieurs quartiers de Bujumbura afin d’évaluer l’application des nouvelles mesures d’hygiène.

À l’issue de cette visite, les autorités ont accordé un ultimatum de deux semaines aux propriétaires de parcelles situées le long des grandes routes de la mairie de Bujumbura pour aménager et paver les espaces compris entre leurs clôtures, les routes et les caniveaux. Restaurants, bars et marchés des communes de Mukaza, Mugere et Ntahangwa ont également été inspectés.

Selon le gouvernement, cette politique vise à renforcer la salubrité publique et à prévenir les maladies liées aux mauvaises conditions sanitaires. Les contrevenants s’exposent à des sanctions pouvant aller des amendes à la fermeture temporaire de leurs établissements.

Cependant, cette campagne d’assainissement suscite des critiques parmi les habitants. Plusieurs dénoncent des coûts élevés dans un contexte économique difficile, tandis que d’autres regrettent l’absence d’un modèle uniforme pour les travaux d’aménagement entrepris dans les différents quartiers de la capitale.

La plaine de l’Imbo, dans l’ouest du Burundi, reste l’une des régions les plus exposées aux épidémies de choléra, particulièrement durant la grande saison sèche où les pénuries d’eau potable deviennent plus fréquentes.

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Photo : Des patients sont pris en charge dans une structure sanitaire débordée par les cas de paludisme et de choléra à Bujumbura, la capitale économique du Burundi, en novembre 2025. À Buyenzi, la forte affluence de malades met à rude épreuve les services de santé déjà fragilisés par la recrudescence des maladies hydriques. © SOS Médias Burundi

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