Photo de la semaine-Mahama : le HCR veut revoir son système d’assistance aux réfugiés

Photo de la semaine-Mahama : le HCR veut revoir son système d’assistance aux réfugiés

Au Rwanda, les agences humanitaires et les autorités en charge de la gestion des réfugiés ont lancé une vaste évaluation des conditions de vie et du système d’assistance dans les camps, notamment celui de Mahama. Cette démarche vise à revoir les mécanismes de ciblage de l’aide alimentaire et monétaire, fortement contestés par une partie des bénéficiaires.

Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), en collaboration avec le Programme alimentaire mondial (PAM) et le Ministère chargé de la gestion des urgences (MINEMA), a lancé une vaste évaluation du système d’assistance humanitaire dans le camp de réfugiés de Mahama, dans l’est du Rwanda.

Cette opération intervient après plusieurs contestations liées au système de catégorisation sociale mis en place depuis plus d’un an et qui a conduit une partie des réfugiés à perdre totalement l’assistance monétaire et alimentaire.

Une enquête menée ménage par ménage

L’évaluation en cours se déroule maison par maison. Les chefs de ménages sont invités à répondre à une série de questions portant notamment sur leur identité, leurs conditions de vie, leur alimentation, leur logement, leur habillement, leurs éventuels revenus mensuels ainsi que leurs projets futurs.

Selon une source proche du dossier, l’objectif est d’obtenir une image précise des conditions de vie réelles des réfugiés vivant dans le camp de Mahama.

Les responsables du HCR, du PAM et du MINEMA appellent les réfugiés à participer activement à cet exercice qu’ils présentent comme bénéfique pour les populations concernées.

« Ils veulent améliorer le système d’assistance alimentaire et monétaire. Les catégories sociales ont créé beaucoup de frustrations parce qu’elles ne reposaient pas sur une enquête jugée objective par les réfugiés », explique un volontaire impliqué dans cette opération qui devrait durer plus d’un mois.

Des catégories sociales très contestées

Depuis plus d’un an, les réfugiés de Mahama sont répartis en trois catégories selon leur niveau supposé de vulnérabilité.

Les personnes considérées comme les plus vulnérables reçoivent environ 6800 francs rwandais par mois, tandis que celles jugées moins vulnérables perçoivent la moitié de ce montant. Les réfugiés classés dans la troisième catégorie, supposés disposer de revenus mensuels, ne bénéficient d’aucune aide financière.

Une classification qui continue de provoquer colère et incompréhension dans le camp.

« Tout le monde ici est vulnérable. Nous avons quitté nos maisons, perdu nos moyens de survie et dépendons du HCR pour vivre. Nous devrions être traités de la même manière », dénoncent plusieurs réfugiés burundais.

Des habitants du camp accusent également le système actuel d’avoir classé certaines personnes âgées, handicapées ou sans emploi parmi les réfugiés ne recevant aucune assistance.

Un projet d’autonomisation et de transformation des camps

Selon le HCR, cette évaluation vise aussi à préparer un programme d’autonomisation économique et de réintégration sociale plus adapté aux réfugiés.

Le gouvernement rwandais, avec l’appui de ses partenaires humanitaires, souhaite également transformer progressivement les camps de réfugiés en « villages intégrés », dans le cadre du programme d’ »Integrated Settlements. »

Les données collectées serviront enfin à une étude plus large menée par Enviro-Climate Nexus Knowledge Hub Solutions Ltd, en partenariat avec le HCR et le MINEMA, dans les camps de réfugiés ainsi qu’auprès des réfugiés urbains vivant à Kigali et à Huye, dans le sud du pays.

Le Rwanda accueille actuellement plus de 138 000 réfugiés, principalement originaires de la République démocratique du Congo et du Burundi.

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Notre photo : un rassemblement de réfugiés dans le camp de Mahama en vue de travaux communautaires visant à renforcer la propreté et l’hygiène au sein du site. Le HCR mène également une enquête pour évaluer les conditions de vie et ajuster son système d’assistance humanitaire

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