Cishemere : l’annonce du rapatriement ravive l’espoir chez des milliers de réfugiés congolais

Cishemere : l’annonce du rapatriement ravive l’espoir chez des milliers de réfugiés congolais

Cibitoke, 18 mai 2026— Les réfugiés congolais ayant déjà obtenu le statut de réfugié au centre de transit de Cishemere, en commune de Cibitoke, province de Bujumbura, dans l’ouest du Burundi, seront les prochains concernés par l’opération de rapatriement volontaire vers la République démocratique du Congo, prévue d’ici presque deux semaines. Cette annonce intervient après le lancement officiel des rapatriements des réfugiés congolais le 23 avril dernier au site de Busuma, dans l’est de la petite nation de l’Afrique de l’Est.

Au centre de transit de Cishemere, cette nouvelle a été accueillie avec soulagement et émotion par de nombreux réfugiés qui vivent depuis plusieurs mois, voire plus d’une année, dans l’attente d’une solution durable après l’obtention de leur statut.

Plusieurs demandeurs d’asile affirment vivre dans des conditions difficiles. Ils dénoncent notamment la famine, le manque d’abris, l’insuffisance des soins de santé ainsi que des problèmes d’hygiène dans un centre devenu surpeuplé. Les quelques infrastructures disponibles ne suffisent plus à accueillir dignement les milliers de personnes présentes sur le site.

« Nous vivons dans une souffrance permanente. Il y a des familles entières qui passent des nuits sans manger correctement. Quand il pleut, certains dorment à même le sol ou dans des abris déjà pleins », raconte Sifa, réfugiée du centre.

Parmi les réfugiés ayant récemment obtenu le statut de réfugié, beaucoup disent voir dans cette annonce une véritable porte de sortie après une longue période d’incertitude.

C’est le cas de Clotilde, une réfugiée congolaise arrivée au Burundi il y a 16 mois après avoir fui l’insécurité dans l’est de la RDC. Elle affirme avoir accueilli avec joie l’annonce des prochaines opérations de rapatriement volontaire.

« Quand nous avons entendu cette annonce, nous avons retrouvé un peu d’espoir. Nous pensions être transférés dans les camps de réfugiés pour continuer à vivre dans les mêmes difficultés pendant encore longtemps. Ici à Cishemere, les conditions sont très dures. Nous manquons souvent de nourriture, les enfants tombent malades et les installations sanitaires ne suffisent pas. Si le rapatriement se concrétise, beaucoup de familles pourront enfin retrouver leurs proches et essayer de reconstruire leur vie », témoigne-t-elle.

Selon les prévisions du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), du gouvernement burundais et du gouvernement congolais, près de 15 000 réfugiés congolais devraient être rapatriés entre avril et août prochain à partir du site de Busuma, dans l’est de la petite nation de l’Afrique de l’Est.

Une cuisine dans le site de Cishemere, où sont préparés quotidiennement les repas destinés aux réfugiés, dans des conditions marquées par une forte pression humanitaire et un nombre élevé de bénéficiaires nécessitant une assistance alimentaire régulière. ©SOS Médias Burundi
Une cuisine dans le site de Cishemere, où sont préparés quotidiennement les repas destinés aux réfugiés, dans des conditions marquées par une forte pression humanitaire et un nombre élevé de bénéficiaires nécessitant une assistance alimentaire régulière. ©SOS Médias Burundi

Jusqu’au 14 mai, quatre convois composés d’environ 4 000 réfugiés avaient déjà quitté le Burundi pour regagner la République démocratique du Congo.

Le centre de transit de Cishemere héberge aujourd’hui plus de 5 000 personnes. Parmi elles figurent de nombreux demandeurs d’asile dont les dossiers sont encore en cours de traitement, d’autres en attente de transfert vers les camps, ainsi que des réfugiés déjà reconnus et désormais concernés par le programme de rapatriement volontaire.

Face à cette situation, plusieurs réfugiés espèrent que les opérations annoncées permettront de désengorger le centre et d’améliorer les conditions de vie de ceux qui y restent encore.

Le Burundi abrite encore environ 200 000 réfugiés congolais ayant fui l’insécurité dans l’est du vaste pays d’Afrique centrale, la majorité étant originaire de la province du Sud-Kivu. Toutefois, les opérations de rapatriement pourraient être ralenties par la nouvelle flambée d’Ebola signalée dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri, également situées dans l’est de la République démocratique du Congo.

__________________________________________

Photo : des réfugiés au milieu de maisons de fortune en bâches dans le site de Cishemere, où le programme de rapatriement annoncé vers la République démocratique du Congo suscite à la fois espoir et inquiétude parmi les familles installées dans des conditions de vie précaires. ©SOS Médias Burundi

Previous Bubanza : colère et inquiétudes des agriculteurs face à une pénurie persistante d’urée
Next Photo de la semaine-Mahama : le HCR veut revoir son système d’assistance aux réfugiés

You might also like

Réfugiés

Mtendeli (Tanzanie) : le marché central du camp détruit

Ce sont les réfugiés eux-mêmes qui ont détruit les stands.Ils avaient reçu l’ordre de détruire les shops depuis deux semaines. Le responsable du camp a expliqué que la mesure a

Réfugiés

Nduta (Tanzanie) : un camp en train de se transformer en savane ?

Le camp de Nduta en Tanzanie, qui abrite plus de 58 000 réfugiés burundais, semble progressivement se métamorphoser en une savane ou une réserve naturelle. Cette situation, conséquence directe de

Réfugiés

Dzaleka (Malawi) : trois réfugiés burundais enlevés

SOS Médias Burundi Dzaleka (Malawi), 8 octobre 2025 — Trois réfugiés burundais, deux hommes et une femme, ont été enlevés dans la nuit de samedi à dimanche près du camp