Bubanza : colère et inquiétudes des agriculteurs face à une pénurie persistante d’urée

Bubanza : colère et inquiétudes des agriculteurs face à une pénurie persistante d’urée

SOS Médias Burundi

Bubanza, 18 mai 2026 —Des agriculteurs de la commune de Bubanza, en province de Bujumbura, dans l’ouest du Burundi, dénoncent une pénurie persistante d’engrais chimiques de type urée, alors qu’ils affirment avoir déjà payé pour en bénéficier durant les saisons culturales A et B.

Selon plusieurs cultivateurs interrogés par SOS Médias Burundi, seuls les engrais de type Imbura (DAP) ont été distribués pour la saison agricole A. Jusqu’à présent, aucun sac d’urée n’aurait été servi dans cette commune, malgré les besoins importants exprimés par les agriculteurs.

Les cultivateurs expliquent que la période prévue pour le fumage des champs est déjà dépassée, compromettant sérieusement les récoltes attendues cette année. Certaines cultures, notamment le riz, nécessitent impérativement l’utilisation d’urée pour garantir une production satisfaisante.

« Sans engrais, il n’y a presque aucun espoir de récolte », déplore un agriculteur de Bubanza.

Les distributeurs d’engrais étant répartis dans les différentes zones de la commune, les habitants affirment que les centres les plus peuplés, où la demande est plus forte, sont également les plus touchés par cette pénurie. Selon eux, la carence concerne particulièrement l’urée.

Face à cette situation, plusieurs agriculteurs disent être gagnés par le désespoir et craignent d’importantes pertes agricoles au cours de cette année culturale.

Des policiers supervisent la distribution d’engrais chimiques sur un point de vente de fertilisants à Bubanza dans l'ouest du Burundi, juillet 2022 ©SOS Médias Burundi
Des policiers supervisent la distribution d’engrais chimiques sur un point de vente de fertilisants à Bubanza dans l’ouest du Burundi, juillet 2022 ©SOS Médias Burundi

La rareté de l’urée favorise également la spéculation sur le marché noir. D’après des habitants de Bubanza, un sac d’urée de 50 kilogrammes s’y vend actuellement autour de 250 mille francs burundais, alors que son prix habituel ne dépasse normalement pas les 66 mille francs burundais. Certains estiment même que le prix pourrait grimper jusqu’à 350 mille francs burundais si aucune livraison n’est effectuée pour les saisons culturales A et B.

Entre-temps, le ministère ayant l’agriculture dans ses attributions appelle la population à se tourner vers les engrais organiques. Dans un communiqué publié le 13 mai 2026, la ministre Calinie Mbarushimana invite les citoyens à creuser des compostières afin de produire leurs propres fertilisants naturels.

Selon ce communiqué, une campagne nationale de mise en place des compostières est prévue du 17 au 31 mai sur l’ensemble du territoire national.

La saison culturale C, quant à elle, devrait débuter le mois prochain.

Cette annonce est perçue par certains observateurs comme un aveu d’impuissance des autorités à fournir suffisamment d’engrais organo-minéraux à la population. D’autres dénoncent une mesure à caractère obligatoire imposée aux citoyens sans réponse immédiate à la pénurie actuelle.

La situation de Bubanza n’est pas un cas isolé. Dans plusieurs autres régions du Burundi, des agriculteurs rapportent également des retards de livraison, des quantités revues à la baisse ainsi que l’obligation d’attendre de nouveaux arrivages sans calendrier clair.

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Photo : des résidents de Bubanza sur un site de distribution des engrais au centre de Bubanza, le 28 avril 2026, lors d’une opération de remise d’intrants agricoles organisée pour les agriculteurs de la commune, dans un contexte de fortes attentes liées à la disponibilité des fertilisants. ©SOS Médias Burundi

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