Ebola en RDC : nouvelle flambée dans l’Est, Goma touchée et frontières partiellement fermées avec le Rwanda
SOS Médias Burundi
Gila, 18 mai 2026 —Une nouvelle épidémie de maladie à virus Ebola frappe l’est de la République démocratique du Congo (RDC), touchant les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu et provoquant une série de mesures sanitaires d’urgence, dont la confirmation de cas à Goma et la fermeture partielle des frontières avec le Rwanda. Les autorités sanitaires congolaises évoquent des centaines de cas suspects et plusieurs dizaines de décès, alors que la situation suscite de fortes inquiétudes dans la région des Grands Lacs en raison des mouvements transfrontaliers et de la densité des zones urbaines touchées.
Une épidémie officiellement déclarée en Ituri
L’épidémie a été officiellement proclamée le 15 mai 2026 par le gouvernement congolais, à la suite de résultats confirmés par le ministère de la Santé. Selon le bilan des autorités sanitaires, environ 350 cas suspects et 91 décès ont été enregistrés, faisant de cette flambée la 17e épidémie d’Ebola recensée en RDC.
Les analyses ont identifié la souche Bundibugyo, une variante rare du virus Ebola, pour laquelle il n’existe actuellement ni vaccin homologué ni traitement spécifique, renforçant la dépendance aux soins symptomatiques et aux mesures de prévention.
Goma confirmée comme nouveau foyer de contamination
Les autorités provinciales du Nord-Kivu ont confirmé le 16 mai 2026 l’apparition d’un premier cas de maladie à virus Ebola dans la ville de Goma, capitale provinciale et principal centre urbain de l’est du pays.
Selon les autorités, le patient aurait été récemment arrivé de Bunia, chef-lieu de l’Ituri, où la flambée épidémique était déjà sous surveillance. Le cas a été isolé et une opération de traçage des contacts a été immédiatement lancée.
La confirmation de ce cas dans une ville aussi densément peuplée que Goma, située à proximité immédiate de la frontière rwandaise, renforce les craintes d’une propagation rapide du virus.
Une propagation facilitée par les mouvements de population
Les premiers cas avaient été détectés en Ituri, où plusieurs patients présentaient des symptômes typiques d’Ebola, notamment fièvre élevée, vomissements, diarrhées sévères et hémorragies. Les analyses en laboratoire ont confirmé la présence du virus, déclenchant la riposte sanitaire nationale.

Cependant, les déplacements fréquents entre les provinces de l’est et les pays voisins ont favorisé la diffusion du virus vers les centres urbains, notamment Goma, mais aussi potentiellement d’autres zones frontalières.
Goma sous surveillance renforcée
Ville stratégique de plus de deux millions d’habitants, Goma constitue un important carrefour économique et humanitaire dans la région des Grands Lacs.
Les autorités sanitaires ont renforcé les dispositifs de contrôle dans les structures médicales, aux points d’entrée de la ville, à l’aéroport et aux postes frontaliers. Le patient confirmé a été isolé et les personnes contacts sont suivies par les équipes de surveillance épidémiologique.
Fermeture partielle des frontières avec le Rwanda
Dans la foulée de la confirmation du cas à Goma, des restrictions partielles ont été mises en place aux frontières entre la RDC et le Rwanda, notamment aux postes reliant Goma à Gisenyi, ainsi qu’entre Bukavu et Kamembe dans le Sud-Kivu.
Les autorités ont limité les mouvements transfrontaliers, autorisant uniquement certains déplacements de retour, afin de réduire les risques de propagation régionale. Ces mesures affectent directement les échanges commerciaux quotidiens entre les deux pays.
Une région déjà vulnérable aux crises sanitaires
La région des Grands Lacs a déjà été confrontée à plusieurs épidémies d’Ebola par le passé, notamment entre 2018 et 2020 dans l’est de la RDC, où les réponses sanitaires avaient été compliquées par l’insécurité et la mobilité des populations.
Aujourd’hui encore, les autorités redoutent une nouvelle propagation dans un contexte marqué par des déplacements massifs, une forte densité urbaine et des infrastructures sanitaires limitées dans certaines zones.
Appel au respect des mesures sanitaires
Les autorités congolaises appellent la population au calme et au respect strict des mesures de prévention, notamment l’hygiène des mains, l’évitement des contacts physiques avec des personnes symptomatiques et la notification rapide des cas suspects.
Elles rappellent également que le virus Ebola se transmet par contact direct avec les fluides corporels et non par voie aérienne.
Dans un contexte régional fragile, cette nouvelle flambée d’Ebola constitue un défi majeur pour les systèmes de santé et la coordination des réponses transfrontalières.
L’Ouganda a également confirmé deux cas d’Ebola, dont un décès dans la capitale Kampala, renforçant les inquiétudes sur une propagation régionale du virus en Afrique de l’Est.
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Photo : la frontière entre Goma et Gisenyi, l’un des points de passage les plus fréquentés entre la République démocratique du Congo et le Rwanda, où les autorités ont renforcé les contrôles sanitaires et restreint les mouvements en raison de la flambée d’Ebola dans l’est du Congo. ©SOS Médias Burundi
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