Kakuma : le paludisme tue silencieusement dans un camp en détresse
SOS Médias Burundi
Kakuma, 20 mai 2026 — Les réfugiés du camp de Kakuma, au nord-ouest du Kenya, font face à une recrudescence alarmante du paludisme. La maladie se propage rapidement dans le camp, tandis que les structures sanitaires sont débordées et confrontées à une pénurie de médicaments essentiels.
Selon une source médicale à l’hôpital général de référence connu sous le nom de « Seven », près de 90 % des patients reçus et examinés sont diagnostiqués positifs au paludisme.
« Ils arrivent alors que la maladie est déjà à un stade avancé, ce qui complique la prise en charge. Les plus touchés sont les enfants de moins de cinq ans et les femmes enceintes », indique cette source.
Automédication face au manque de médicaments
Face au manque de médicaments dans les structures de santé, de nombreux réfugiés se tournent vers les pharmacies privées du camp plutôt que de consulter les centres médicaux.
« À l’hôpital, il n’y a pas de médicaments. Ils ne nous donnent que du paracétamol. Le stock est vide. Alors, nous achetons nous-mêmes des médicaments dès l’apparition des symptômes », explique un réfugié burundais.
Les personnels de santé reconnaissent les difficultés d’approvisionnement, mais mettent en garde contre l’automédication, qui complique la prise en charge des patients.
« Nous pouvons contrôler la fièvre, assurer un suivi et adapter le traitement si nécessaire. Les cas graves sont pris en charge, mais nous conseillons vivement de consulter les structures médicales », souligne un volontaire médical.
Une situation aggravée par les conditions de vie
La situation est aggravée par la saison des pluies qui favorise la prolifération des moustiques, ainsi que par les conditions de vie précaires dans le camp de Kakuma.
Réfugiés et personnel médical appellent le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) à renforcer les moyens alloués au secteur de la santé, notamment pour l’approvisionnement en médicaments.
Selon plusieurs sources, les réductions budgétaires consécutives, notamment à la décision de l’administration Trump de geler et de réduire plusieurs financements destinés à l’aide internationale, ont fortement affecté les capacités d’intervention des partenaires humanitaires dans le secteur de la santé.
Le camp de Kakuma accueille plus de 200 000 réfugiés, dont de nombreux Burundais.
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Photo : Une vue d’une partie du camp de réfugiés de Kakuma Refugee Camp, au Kenya, où le paludisme continue de toucher les habitants dans un contexte de conditions de vie précaires et de forte exposition aux maladies vectorielles. © HCR
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