Nakivale : deux morts et plusieurs cas de banditisme secouent le camp de réfugiés
SOS Médias Burundi
Nakivale, 25 mai 2026 — Une vague d’insécurité inquiète de plus en plus les réfugiés du camp de Nakivale, dans le sud-ouest de l’Ouganda. Deux personnes ont été tuées le week-end dernier dans des incidents distincts et plusieurs boutiques ont été attaquées dans différents villages du camp. Les réfugiés dénoncent une recrudescence du banditisme qu’ils associent à la pauvreté croissante et au manque d’assistance en faveur des nouveaux demandeurs d’asile récemment arrivés dans le camp.
Les incidents se sont produits samedi dernier, à des heures et dans des localités différentes.
Au village de New Hope, situé à l’extrémité de Kashojwa B, une violente altercation a opposé deux réfugiés congolais durant la nuit. La dispute a rapidement viré au drame.
« L’un d’eux s’est emparé d’une machette et a grièvement blessé son compatriote, qui a finalement succombé à ses blessures alors qu’il recevait des soins au Nyarugugu Health Center », a confié une source locale. Selon cette même source, le présumé agresseur a aussitôt pris la fuite après les faits.
Quelques heures auparavant, à la tombée de la nuit, une boutique avait déjà été la cible d’une attaque au village de Kabazana.
« Le propriétaire a tenté de résister, mais il a été tué par des hommes armés qui ont ensuite pillé plusieurs marchandises de sa boutique », témoigne un réfugié burundais.
Le même jour, un autre acte de banditisme a été signalé à Kashojwa B.
« Les voleurs ont percé une boutique et ont emporté plusieurs sacs de riz, de farine, des vêtements ainsi que des produits cosmétiques », rapportent des habitants.
Face à cette montée de l’insécurité, les réfugiés demandent à la police et à l’administration du camp de renforcer les mesures de protection. Les autorités policières affirment avoir ouvert des enquêtes afin d’identifier et d’arrêter les auteurs de ces attaques.
Pour répondre aux inquiétudes des habitants, des rondes nocturnes assurées par des gardiens civils, avec l’appui de la police en cas de besoin, ont été instaurées dans plusieurs villages du camp.
« Les réfugiés saluent cette initiative et se disent prêts à y contribuer », explique un leader communautaire.
La précarité des nouveaux arrivants pointée du doigt
Même si aucune enquête officielle n’a encore établi les responsabilités, plusieurs réfugiés soupçonnent certains nouveaux demandeurs d’asile confrontés à une extrême précarité.
« Ils sont nombreux, ces nouveaux arrivants installés dans les centres de transit ou dispersés dans différents villages. Beaucoup n’ont encore reçu aucune assistance et doivent survivre par leurs propres moyens », déplore un chef local.
Pour plusieurs habitants, la nature des biens volés pourrait fournir des indications sur les motivations des auteurs.
« Le fait que ce soient surtout des vivres qui soient dérobés peut en dire long sur le mobile de ces attaques », analyse un autre réfugié.
Ces nouveaux demandeurs d’asile sont majoritairement des Burundais et des Congolais.
« Ils passent de porte à porte pour demander de quoi manger. La situation devient alarmante dans un contexte de misère généralisée dans le camp. Le HCR et le gouvernement ougandais doivent intervenir rapidement », insiste un réfugié.
Le camp de Nakivale accueille plus de 150 000 réfugiés, dont plus de 33 000 Burundais.
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Photo : Des réfugiés en réunion au camp de Nakivale en Ouganda. Deux personnes ont été tuées le week-end dernier. © SOS Médias Burundi
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