Musasa : un camp de réfugiés privé d’eau depuis six mois, la crise humanitaire s’aggrave

Musasa : un camp de réfugiés privé d’eau depuis six mois, la crise humanitaire s’aggrave

SOS Médias Burundi

Kiremba, 11 juin 2026 – La situation humanitaire devient de plus en plus préoccupante dans le camp de réfugiés de Musasa, en commune de Kiremba, dans la province de Butanyerera, au nord du Burundi, où plus de 9 000 réfugiés congolais vivent depuis plus de six mois sans accès régulier à l’eau potable. Une panne prolongée du système de pompage a paralysé l’approvisionnement, plongeant les ménages dans une détresse quotidienne et aggravant les tensions avec les communautés environnantes.

Plus de 9 000 réfugiés congolais installés dans le camp de Musasa traversent une crise humanitaire marquée par une absence quasi totale d’eau potable depuis plus de six mois. La situation, déjà fragile depuis plusieurs années, s’est nettement détériorée en 2026, selon plusieurs sources locales.

L’eau, ressource essentielle à la vie, est devenue difficilement accessible dans le camp. Aucun robinet ne fonctionne normalement depuis plusieurs mois, obligeant les habitants à se rendre dans les bas-fonds situés en contrebas pour tenter de s’approvisionner.

La crise a été aggravée par la panne du moteur principal du système de pompage. Son remplacement est estimé à environ 27 000 dollars américains, une somme qui n’a pas encore été mobilisée, selon des sources locales.

Cette défaillance a complètement paralysé le réseau d’approvisionnement, affectant non seulement les réfugiés mais aussi plusieurs ménages burundais vivant dans les collines environnantes, qui bénéficiaient auparavant de cette infrastructure.

Pour survivre, de nombreux réfugiés sont désormais contraints d’acheter de l’eau auprès des habitants des collines voisines. Une situation qui alourdit considérablement les charges des ménages déjà vulnérables.

Sifa, réfugiée et mère de dix enfants, décrit un quotidien particulièrement difficile :

« Nous sommes dix personnes dans ma famille. Pour répondre aux besoins de base, je dois acheter au moins sept bidons d’eau régulièrement. Chaque mois, je dépense environ 210 000 francs burundais uniquement pour l’eau. Cet argent provient du soutien du Programme Alimentaire Mondial (PAM). Après cela, il ne reste presque rien pour la nourriture, les soins ou les autres besoins essentiels. »

La pénurie d’eau a également entraîné des tensions croissantes entre réfugiés et habitants burundais des collines environnantes.

Chaque jour, des centaines de personnes se rendent vers les rares points d’eau disponibles dans les bas-fonds, provoquant de longues files d’attente, des bousculades et des disputes.

Certains réfugiés affirment devoir attendre plusieurs heures pour obtenir quelques bidons, tandis que d’autres préfèrent acheter l’eau à prix élevé afin d’éviter les longues attentes.

Sous couvert d’anonymat, un membre du comité des réfugiés indique que plusieurs démarches ont été entreprises auprès des autorités et des partenaires humanitaires.

« Nous avons multiplié les plaidoyers auprès du HCR, de ses représentants sur le terrain et des autorités burundaises. Nous avons expliqué la gravité de la situation, mais aucune solution concrète n’a encore été apportée. Pendant ce temps, la souffrance continue. »

Selon lui, la crise dépasse désormais la seule question d’accès à l’eau.

« Le manque d’eau provoque aussi des tensions avec les communautés hôtes. Les conflits autour des points d’eau deviennent fréquents et risquent d’empirer si aucune intervention n’est prise rapidement. »

Il lance un appel pressant :

« Nous demandons une intervention urgente du HCR, du gouvernement burundais et des partenaires humanitaires pour réparer le système de pompage ou mettre en place des solutions alternatives. L’eau est vitale. Chaque jour sans solution aggrave la situation. »

Alors que la saison sèche s’intensifie, les habitants du camp de Musasa craignent une aggravation de la crise sanitaire, notamment avec la montée des risques de maladies hydriques et la détérioration des conditions de vie.

Les acteurs locaux appellent à une réponse urgente afin d’éviter une dégradation encore plus grave de la situation humanitaire.

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Photo : Des femmes et des enfants faisant la queue à un robinet encore fonctionnel au camp de Musasa, où l’accès à l’eau potable reste difficile et insuffisant pour répondre aux besoins quotidiens des réfugiés, en août 2024. SOS Médias Burundi

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