Zambie : des réfugiés urbains « emprisonnés chez eux » faute de cartes de séjour renouvelées
SOS Médias Burundi
Meheba (Zambie), 20 juillet 2026 – Des réfugiés urbains vivant en Zambie dénoncent les retards dans le renouvellement de leurs cartes de séjour, expirées depuis plusieurs mois. Ils affirment que cette situation les expose aux arrestations, aux lourdes amendes et au risque de déportation, alors qu’ils attendent une intervention des autorités compétentes.
Depuis le début de l’année, aucune carte de séjour de réfugiés urbains n’aurait été validée à Lusaka, la capitale zambienne, selon plusieurs réfugiés concernés. Ce document, communément appelé « White card » en raison de sa couleur blanche, est délivré aux réfugiés autorisés à résider en milieu urbain en dehors des camps. Il leur permet de s’installer dans les centres urbains et d’y mener des activités conformément aux règles établies par les autorités.
Parmi les avantages liés à cette carte figurent la libre circulation, le droit d’exercer des activités commerciales, petites ou grandes, ainsi que d’autres activités génératrices de revenus. Elle facilite également l’accès à la scolarisation et aux soins médicaux.
Des réfugiés installés à Lusaka dénoncent toutefois la lenteur des services de l’immigration dans le traitement des demandes de renouvellement. Une fois leurs cartes expirées, ils disent se retrouver dans une situation assimilable à celle des personnes sans papiers.
« Certains d’entre nous sont emprisonnés, d’autres risquent la déportation si rien n’est fait dans les meilleurs délais », déplore un réfugié.
Il ajoute : « Nous ne pouvons pas non plus retourner dans nos camps respectifs, car nous n’y sommes plus enregistrés après notre transfert vers les zones urbaines. Nous sommes presque emprisonnés chez nous. Nous craignons de sortir pour vaquer à nos activités quotidiennes. »
Des amendes jugées exorbitantes
Les réfugiés concernés indiquent que les personnes arrêtées avec des documents de séjour expirés s’exposent à des amendes comprises entre 15 000 et 20 000 kwacha zambiens, soit environ 800 à 1 000 dollars américains.
Ils estiment que ces montants sont trop élevés pour des réfugiés disposant de moyens limités et demandent une intervention urgente des autorités.
Ils appellent notamment le ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique, chargé des questions liées aux réfugiés, à instruire les services de l’immigration afin d’accélérer la validation des cartes expirées.
Les services de l’immigration n’ont donné aucune explication sur ces retards et peinent toujours à traiter plusieurs demandes déposées par des réfugiés urbains.
Une vague d’arrestations en cours
Cette situation intervient dans un contexte de renforcement des opérations de contrôle en Zambie.
Depuis la première moitié de l’année, la police et les services de l’immigration zambiens ont lancé une vaste opération de recherche, d’arrestation et de renvoi de migrants en situation irrégulière. Plusieurs milliers de personnes, dont des Burundais, auraient déjà été renvoyées dans leurs pays d’origine, tandis que d’autres sont encore détenues.
Selon une source sur place, certains réfugiés, principalement burundais et congolais, figurent également parmi les personnes arrêtées.
La Zambie accueille plus de 105 000 réfugiés et demandeurs d’asile. La majorité sont originaires de la République démocratique du Congo (RDC) et du Burundi, mais le pays accueille également des réfugiés angolais ainsi que d’anciens réfugiés rwandais.
Ils résident principalement dans les trois camps de réfugiés désignés de Mantapala, Meheba et Mayukwayukwa. Environ 20 % d’entre eux vivent dans des centres urbains, notamment à Lusaka, où ils tentent de reconstruire leur vie avec l’autorisation des autorités.
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Photo : Des personnes en situation irrégulière, dont des ressortissants burundais, en train d’être refoulées par les services zambiens. La non-délivrance des cartes de séjour pour réfugiés urbains expose certains bénéficiaires aux arrestations et aux risques d’expulsion. © DR
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