Nakivale : la soif gagne le camp, des réfugiés parcourent des kilomètres pour trouver de l’eau

Nakivale : la soif gagne le camp, des réfugiés parcourent des kilomètres pour trouver de l’eau

SOS Médias Burundi

Nakivale, 26 juillet 2026 — Dans le camp de réfugiés de Nakivale, situé dans le sud-ouest de l’Ouganda, l’accès à l’eau potable est devenu un véritable défi. Depuis plus de trois mois, les robinets publics, sources et fontaines installés dans et autour du camp ne fournissent plus d’eau, plongeant des milliers de réfugiés dans une situation de plus en plus préoccupante.

Alors que le soleil frappe durement la région d’Isingiro qui abrite le camp de Nakivale, les habitants sont contraints de parcourir de longues distances à la recherche de cette ressource essentielle. Certains réfugiés se rendent jusqu’au lac Nakivale, situé à environ huit kilomètres du camp, pour tenter de s’approvisionner.

Pour tenter de répondre à cette pénurie, l’établissement public Nsamizi, chargé de mettre en œuvre des programmes dans le domaine de l’eau, de l’assainissement et de l’hygiène (WASH) dans le camp, avait aménagé des puits publics.

L’eau provenant de ces installations était principalement utilisée pour la cuisine et d’autres usages domestiques. Elle n’était toutefois pas destinée à la consommation. Mais face à l’absence d’autres solutions, plusieurs réfugiés affirment avoir été obligés de la boire.

Aujourd’hui, même ces puits sont à sec, aggravant davantage la situation. Certains réfugiés sont contraints de parcourir plusieurs kilomètres, notamment jusqu’au lac Nakivale, pour chercher de l’eau.

D’autres ont transformé cette pénurie en activité commerciale. Des personnes disposant de vélos transportent de l’eau et vendent un bidon de 20 litres jusqu’à 10 000 shillings ougandais, un prix jugé inaccessible pour de nombreux réfugiés qui vivent déjà dans des conditions précaires.

« Une petite quantité d’eau qu’on obtient dans ces conditions ne peut pas être gaspillée. C’est pourquoi nous devons choisir entre faire la lessive, assurer notre hygiène corporelle ou préparer les repas », témoigne un réfugié burundais vivant dans le camp.

Une rue du camp de Nakivale, en Ouganda, où des activités commerciales se poursuivent malgré la pénurie d’eau potable. Les leaders communautaires et sanitaires alertent sur les conséquences de cette crise sur la santé des réfugiés. © SOS Médias Burundi

Des maladies liées au manque d’eau

Dans les structures sanitaires de Nakivale, les conséquences de cette crise commencent à se faire sentir. Des sources médicales indiquent une augmentation des cas de maladies liées au manque d’eau potable et d’hygiène.

« Les patients que nous recevons présentent surtout des signes de choléra et de typhoïde. Ils sont principalement des enfants ainsi que des femmes enceintes et allaitantes », explique une source médicale.

La même source affirme que la pénurie touche également les structures de santé.

« Imaginez que même ici à l’hôpital, nous n’avons pas d’eau potable », déplore-t-elle.

Le bétail également touché

La crise ne concerne pas seulement les réfugiés. Le bétail est également affecté par le manque d’eau et de pâturages.

« Plusieurs vaches meurent chaque jour », déplorent des réfugiés éleveurs, qui demandent au Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) de considérer l’accès à l’eau potable comme une priorité au même titre que l’assistance alimentaire.

Le HCR reconnaît les difficultés, mais affirme manquer de ressources financières suffisantes pour répondre à tous les besoins.

« Nous n’avons même pas de budget pour la farine et les médicaments. Comment pouvons-nous avoir celui de l’eau ? Nous ne faisons que du plaidoyer auprès du gouvernement d’accueil pour nous aider dans ce sens », répondent des agents du HCR.

Cette situation intervient alors que l’agence onusienne a récemment procédé à plusieurs réductions de l’aide alimentaire destinée aux réfugiés.

Situé dans le district d’Isingiro, dans le sud-ouest de l’Ouganda, le camp de Nakivale accueille plus de 150 000 réfugiés, dont plus de 33 000 Burundais. La pénurie prolongée d’eau potable fait craindre une aggravation de la crise sanitaire dans l’un des plus anciens camps de réfugiés d’Afrique.

_____________________________________________

Photo : Des femmes et des enfants autour d’un cours d’eau non loin du camp de Nakivale, en Ouganda, à la recherche d’eau face à la pénurie qui touche le camp. © SOS Médias Burundi

Previous Burunga : après des mois de pertes, la vaccination du cheptel bovin enfin lancée

You might also like

Réfugiés

Nduta (Tanzanie) : quatre enfants foudroyés

Le drame s’est produit dans l’après-midi de ce mercredi à l’une des écoles du camp de Nduta. Au total, l’orage a causé des lésions graves chez 21 victimes. (SOS Médias

Réfugiés

Nakivale (Ouganda) : une assistance qui frustre

L’ambassade d’Arabie Saoudite en Ouganda , a octroyé une assistance en vivres aux réfugiés qui ont fui en provenance de la RDC voisine. Les autres communautés grincent les dents. INFO

Réfugiés

Covid-19 : des réfugiés burundais confectionnent des masques distribués dans les camps en Tanzanie et au Rwanda

Le HCR a lancé un marché de confection des masques pour la protection contre le Covid-19. Des ateliers de couture tenus par des réfugiés ont gagné le marché. Après la