« On nous fait payer deux fois » : la colère monte à Muyinga contre les contributions pour le siège de Buhumuza
SOS Médias Burundi
Muyinga, 5 août 2026 – La colère monte dans l’ancienne province de Muyinga. Des habitants dénoncent de nouvelles contributions qu’ils jugent imposées pour financer la construction du siège de la province de Buhumuza, installé au centre de la commune de Cankuzo, à l’est du Burundi. Ils affirment avoir déjà été lourdement sollicités pendant plusieurs années pour construire l’ancien bureau provincial de Muyinga, un immeuble moderne de trois niveaux aujourd’hui loué à différents services et organisations.
Ils estiment avoir consenti d’importants sacrifices financiers avant la réforme administrative entrée en vigueur après les élections législatives de 2025, une réforme qui a réduit le nombre de provinces de 18 à 5 et ramené celui des communes de 119 à 42.
Une nouvelle collecte qui passe mal
Pour plusieurs habitants, cette nouvelle campagne de collecte est difficile à accepter. Ils estiment avoir déjà contribué pendant plusieurs années à la construction de l’ancien siège provincial de Muyinga avant la réorganisation administrative du pays.
« Nous avons passé plus de trois ans à contribuer à la construction du bureau provincial de Muyinga. Aujourd’hui, on nous demande encore de payer pour un autre bâtiment. Nous sommes épuisés », témoignent des enseignants du lycée Mukoni, situé au centre urbain de Muyinga.
Selon eux, cette nouvelle contribution intervient alors que de nombreux ménages font déjà face à des difficultés économiques.
Des contributions imposées à toutes les catégories de la population
Selon plusieurs témoignages recueillis par SOS Médias Burundi, les contributions concernent différentes catégories de citoyens.
Les petits fonctionnaires seraient appelés à verser au moins 10 000 francs burundais par trimestre, tandis que les agents bénéficiant d’une nomination ou d’un décret présidentiel devraient contribuer à hauteur de 30 000 francs burundais ou davantage.
Dans les zones rurales, chaque ménage serait sollicité à hauteur de 3 000 francs burundais par trimestre.
Les habitants rappellent que lors de la construction de l’ancien siège provincial de Muyinga, fonctionnaires, commerçants et populations rurales avaient également été mis à contribution selon des barèmes différents.

Des habitants de Buhumuza participent à une activité de travaux communautaires en présence de la gouverneure Denise Ndaruhekere. À Muyinga, des citoyens dénoncent de nouvelles contributions destinées à financer la construction du siège de cette nouvelle province. © SOS Médias Burundi
Des pressions administratives dénoncées
Au-delà du montant demandé, plusieurs citoyens dénoncent les méthodes utilisées pour obtenir ces contributions.
Certains affirment que des responsables administratifs auraient averti que les personnes qui refusent de payer pourraient rencontrer des difficultés pour accéder à certains documents administratifs ou à d’autres services publics.
« On nous fait comprendre que si nous ne contribuons pas, nous pourrions avoir des problèmes pour obtenir certains documents administratifs. Cela inquiète beaucoup de personnes », confie un habitant de Muyinga.
Des députés également mécontents
Le mécontentement ne se limiterait pas à la population. Des élus de l’ancienne circonscription de Muyinga dénoncent également les montants qui leur sont réclamés.
« Nous sommes également concernés. Chaque député doit verser environ 100 000 francs burundais par trimestre. Cette situation suscite beaucoup de frustrations », affirme un député élu dans la circonscription de Muyinga.
Face à ces préoccupations, les habitants demandent aux autorités de revoir le mécanisme de financement de cette infrastructure provinciale. Ils estiment avoir déjà consenti d’importants sacrifices pour la construction de l’ancien siège provincial de Muyinga avant la réforme administrative entrée en vigueur après les élections législatives de 2025.
Cette réforme a profondément transformé l’organisation territoriale du Burundi, faisant passer le nombre de provinces de 18 à 5 et celui des communes de 119 à 42.
La province de Buhumuza, issue de cette nouvelle organisation administrative, continue ainsi de susciter des débats sur son financement et sur la charge financière imposée aux populations locales.
Les autorités provinciales de Buhumuza n’avaient pas réagi aux accusations de contributions imposées au moment de la publication.
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Photo : Le chef-lieu de la province de Buhumuza, à l’est du Burundi. La population de l’ancienne province de Muyinga dénonce de nouvelles contributions imposées pour financer la construction du siège provincial. (SOS Médias Burundi)
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