Après la Tanzanie, la crainte d’une nouvelle vague de retours forcés gagne les réfugiés burundais en Ouganda et en Zambie

Après la Tanzanie, la crainte d’une nouvelle vague de retours forcés gagne les réfugiés burundais en Ouganda et en Zambie

SOS Médias Burundi

Kampala/Lusaka, 5 août 2026 – La pression s’intensifie sur les réfugiés burundais installés en Ouganda et en Zambie. Dans les camps de Nakivale et de Meheba, plusieurs réunions de sensibilisation au retour volontaire ont été organisées ces dernières semaines, suscitant des réactions contrastées parmi les exilés. Alors que certains réfugiés commencent à regagner le Burundi depuis l’Ouganda, ceux de Zambie affirment toujours craindre pour leur sécurité en cas de retour.

Au cours des deux dernières semaines, au moins quatre réunions ont été organisées presque simultanément dans les camps de Nakivale, dans le sud-ouest de l’Ouganda, et de Meheba, dans le nord-ouest de la Zambie.

L’objectif affiché était similaire : sensibiliser les réfugiés burundais au retour volontaire au Burundi.

Dans les deux camps, les responsables ont expliqué que ces démarches reposent principalement sur deux arguments : la stabilité retrouvée au Burundi et la volonté affichée des autorités burundaises de réaccueillir leurs ressortissants et de les accompagner dans leur réinstallation.

Contrairement à la Zambie, les autorités burundaises ont déjà effectué des déplacements en Ouganda au cours des cinq dernières années pour demander à leurs ressortissants de rentrer au pays.

Nakivale, un camp qui répond davantage aux appels au retour

Le week-end dernier, plus de 170 réfugiés burundais ont été rapatriés depuis Nakivale. Il s’agit d’un des convois les plus importants enregistrés depuis le début de cette année.

Le convoi a traversé la Tanzanie avant d’entrer au Burundi par le nord-est, faute de pouvoir emprunter la route directe passant par le Rwanda. Les relations diplomatiques entre Gitega et Kigali restent au point mort et la frontière entre les deux pays demeure fermée.

En Ouganda, les autorités et le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) ont également averti les réfugiés burundais qu’ils doivent préparer leur retour avant la fin annoncée de leur statut de réfugié, prévue au cours du premier semestre de 2028.

Cette perspective inquiète plusieurs exilés. Certains dénoncent une dégradation de leurs conditions de vie dans les camps et craignent que les pressions exercées ne poussent certains réfugiés à prendre une décision de retour qui ne serait pas totalement libre.

Des réfugiés attendent d’être servis par l’organisation non gouvernementale Brave Heart dans le camp de Meheba, en Zambie. Dans ce camp qui accueille environ 5 000 réfugiés burundais, les exilés expriment des inquiétudes face aux appels au retour volontaire vers le Burundi et demandent que toute décision de rapatriement reste libre et digne. © SOS Médias Burundi

À Meheba, la méfiance persiste

En Zambie, les réfugiés burundais du camp de Meheba restent beaucoup plus réservés face aux appels au retour.

Lors des réunions organisées dans le camp, leurs représentants ont affirmé ne pas se sentir en sécurité pour rentrer au Burundi.

« Nous avons peur des représailles. Certains d’entre nous sont d’abord passés par les prisons, ont subi des tortures et sont recherchés », ont-ils déclaré.

Un représentant du ministère zambien de la Sécurité publique leur aurait indiqué que ceux qui estiment ne pas pouvoir rentrer doivent le prouver individuellement, tout en appelant les autres réfugiés à considérer le retour comme « une solution durable » à leur situation d’exil.

La peur d’un nouveau forcing

Les inquiétudes des réfugiés burundais en Ouganda et en Zambie sont renforcées par les expériences vécues récemment en Tanzanie, notamment dans les camps de Nduta et Nyarugusu, où des réfugiés ont dénoncé des pressions liées au retour avant la fermeture de ces sites.

Ils craignent que des situations similaires ne se reproduisent dans leurs camps.

Les réfugiés demandent une intervention urgente du HCR, des organisations de défense des droits humains, des missions diplomatiques et de la communauté internationale afin de garantir que tout retour vers le Burundi reste strictement volontaire, sûr et digne.

Ils rappellent le principe international de non-refoulement, qui interdit le renvoi d’une personne vers un pays où elle risque d’être exposée à des persécutions, des traitements inhumains ou d’autres violations graves de ses droits fondamentaux.

Des bus ramènent des réfugiés burundais refoulés de Tanzanie, le 28 février 2026, à la frontière entre le Burundi et la Tanzanie, dans la province de Buhumuza. Les réfugiés burundais de Nakivale, en Ouganda, et de Meheba, en Zambie, craignent que des situations similaires de retours sous pression ne se reproduisent dans leurs camps. © SOS Médias Burundi

Des dizaines de milliers de réfugiés concernés

Le camp de Nakivale, situé dans le sud-ouest de l’Ouganda, accueille plus de 150 000 réfugiés, dont plus de 33 000 Burundais.

En Zambie, le camp de Meheba abrite plus de 30 000 réfugiés, dont environ 5 000 Burundais, ainsi que des Congolais et des ressortissants d’autres nationalités.

Pour ces réfugiés burundais, l’enjeu reste le même : pouvoir décider librement de leur avenir, dans un contexte où les appels au retour se multiplient et où les garanties de sécurité demeurent au centre des préoccupations.

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Photo : Un homme au milieu d’une foule lors d’une réunion de réfugiés dans le camp de Nakivale, en Ouganda. Les réfugiés burundais sont sensibilisés au retour volontaire au Burundi alors que les appels au rapatriement se multiplient. © SOS Médias Burundi

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