Dzaleka (Malawi) : les réfugiés dénoncent la faim, l’insécurité et des disparitions forcées présumées
SOS Médias Burundi
Dzaleka, 15 septembre 2026 — Les réfugiés du camp de Dzaleka, situé dans le district de Dowa, au centre du Malawi, alertent le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) sur la dégradation de leurs conditions de vie et l’insécurité croissante. Lors d’une réunion tenue samedi avec les responsables de l’agence onusienne, ils ont dénoncé le manque de nourriture, la pénurie d’eau potable et de médicaments, plusieurs cas de décès non élucidés ainsi que des disparitions forcées présumées de réfugiés, notamment parmi des leaders communautaires et des intellectuels. Ils demandent au HCR et aux autorités malawites de prendre des mesures urgentes pour assurer leur protection.
L’absence d’aide alimentaire figure parmi les principales préoccupations soulevées lors de la réunion.
Selon les réfugiés présents à la rencontre, certaines familles n’ont pas reçu d’assistance alimentaire depuis plus de six mois. Ils craignent que cette situation n’aggrave la faim et les risques de malnutrition, notamment parmi les personnes les plus vulnérables.
Les difficultés touchent également les moyens de subsistance. Des réfugiés rapportent des vols de motos et de vélos ainsi que des actes de vol dans les champs. Ces incidents contribuent, selon eux, à renforcer la méfiance entre les résidents du camp et avec une partie de la communauté d’accueil.
L’insécurité au cœur des inquiétudes
La question sécuritaire a occupé une place importante dans les échanges avec le HCR.
Les réfugiés affirment que plus d’une dizaine de corps ont été retrouvés dans le camp ou dans ses environs en moins de trois mois. Ils déplorent l’absence, selon eux, d’explications suffisantes sur les circonstances de ces décès.
Certains participants à la réunion ont également accusé la police de complicité ou, à tout le moins, de passivité face à cette situation.
Ces accusations restent à établir. Elles nécessitent des enquêtes permettant de déterminer les circonstances des décès et les éventuelles responsabilités.
Des disparitions forcées présumées
Autre sujet particulièrement sensible : la disparition de certains réfugiés.
Selon les participants, plusieurs personnes ont disparu dans des circonstances jugées inquiétantes. Parmi elles figureraient des leaders communautaires et des intellectuels.
Les réfugiés parlent de disparitions forcées présumées et demandent que toute la lumière soit faite sur ces cas. Ils réclament notamment que les autorités compétentes enquêtent sur les circonstances des disparitions et prennent des mesures pour garantir la sécurité des personnes vivant dans le camp.
À ce stade, ces allégations n’ont pas été établies de manière indépendante.

Eau potable et médicaments manquants
Les participants ont également dénoncé le manque de médicaments et la pénurie d’eau potable.
Ces difficultés affectent directement la santé et le quotidien des milliers de personnes vivant à Dzaleka. Les réfugiés demandent un approvisionnement plus régulier en eau et en médicaments ainsi qu’un renforcement de l’accès aux soins.
La cohabitation avec la communauté d’accueil constitue également une source de préoccupation.
Selon les réfugiés, les tensions et la méfiance entre les deux communautés se sont accentuées. Ils estiment nécessaire de renforcer le dialogue et les mécanismes de résolution des conflits afin d’éviter une détérioration davantage des relations.
Le HCR promet des réponses
Face à ces nombreuses doléances, les responsables du HCR ont promis de travailler à la recherche de solutions aux différents problèmes soulevés lors de la réunion.
L’agence onusienne a également appelé les réfugiés à contribuer, dans la mesure de leurs possibilités, à l’amélioration de la vie au sein du camp.
L’objectif présenté est de faire évoluer progressivement Dzaleka vers un centre davantage axé sur l’intégration et la réinstallation, où les réfugiés pourraient bénéficier de meilleures conditions de vie et de perspectives plus durables.
Un camp largement au-delà de sa capacité
La situation de Dzaleka est d’autant plus préoccupante que le camp accueille aujourd’hui une population largement supérieure à sa capacité initiale.
Selon les chiffres communiqués par les réfugiés, plus de 50 000 personnes vivent actuellement à Dzaleka, dont plus de 11 000 Burundais.
Cette population représente plus de cinq fois la capacité d’accueil initialement prévue pour le camp, selon les données avancées lors de la réunion.
Cette forte pression démographique accentue les difficultés d’accès à la nourriture, à l’eau potable, aux soins de santé et à la sécurité.
Pour les réfugiés, les promesses de solutions devront désormais être suivies d’actions concrètes.
À Dzaleka, la crise alimentaire, les pénuries d’eau et de médicaments, l’insécurité et les disparitions forcées présumées constituent autant de défis auxquels les autorités malawites et les organisations humanitaires sont appelées à répondre pour restaurer la confiance et garantir des conditions de vie dignes aux réfugiés.
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Photo : Une partie du camp de réfugiés de Dzaleka, dans le district de Dowa, au centre du Malawi, où les réfugiés font face à une dégradation de leurs conditions de vie, marquée notamment par le manque de nourriture, d’eau potable et de médicaments. © SOS Médias Burundi
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