Rwanda : à Mahama, 1 600 familles réfugiées ciblées pour sortir de la dépendance à l’aide humanitaire

Rwanda : à Mahama, 1 600 familles réfugiées ciblées pour sortir de la dépendance à l’aide humanitaire

SOS Médias Burundi

Mahama, 17 septembre 2026— Un programme d’autonomisation économique visant 1 600 familles réfugiées du camp de Mahama, dans l’est du Rwanda, doit être mis en œuvre entre 2027 et 2030. Soutenu notamment par Caritas Rwanda et le Programme alimentaire mondial (PAM), le projet prévoit de financer des activités génératrices de revenus afin de permettre aux bénéficiaires de réduire progressivement leur dépendance à l’aide humanitaire.

Au camp de Mahama, cette nouvelle initiative entend faire de l’autonomisation économique un levier de lutte contre la pauvreté et la dépendance à l’assistance humanitaire.

Le projet, chapeauté par le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) et le gouvernement rwandais, prévoit d’accompagner 1 600 familles pilotes sur une période de quatre ans.

L’objectif affiché est de permettre aux ménages les plus vulnérables de développer leurs propres sources de revenus et d’améliorer durablement leurs conditions de vie. Deux projets allant dans ce sens sont notamment soutenus par Caritas Rwanda et le PAM.

Des financements pour lancer des activités génératrices de revenus

Chaque famille sélectionnée devrait bénéficier d’un financement compris entre 1,3 million et 1,7 million de francs rwandais. Cette enveloppe doit servir à lancer une activité génératrice de revenus choisie en fonction des besoins, des compétences et des possibilités économiques des bénéficiaires.

Le programme ne prévoit toutefois pas uniquement la mise à disposition d’un capital de départ. Les familles doivent également bénéficier d’un accompagnement et de formations portant notamment sur la gestion financière, l’organisation et le développement des activités.

Un marché au camp de réfugiés de Mahama, dans l’est du Rwanda. Un programme d’autonomisation économique ciblant 1 600 familles réfugiées doit les aider à développer des activités génératrices de revenus et à réduire progressivement leur dépendance à l’aide humanitaire. ©SOS Médias Burundi
Un marché au camp de réfugiés de Mahama, dans l’est du Rwanda. Un programme d’autonomisation économique ciblant 1 600 familles réfugiées doit les aider à développer des activités génératrices de revenus et à réduire progressivement leur dépendance à l’aide humanitaire. ©SOS Médias Burundi

Les bénéfices générés pourront par ailleurs être regroupés au sein de coopératives et de tontines. Le mécanisme doit favoriser l’épargne, l’entraide entre bénéficiaires et la consolidation progressive des activités mises en place.

Trois catégories de vulnérabilité

L’identification des bénéficiaires repose sur une classification en trois catégories de vulnérabilité. La première regroupe les ménages considérés comme les plus vulnérables, la deuxième ceux présentant un niveau de vulnérabilité intermédiaire, tandis que la troisième concerne les ménages considérés comme les moins vulnérables.

Le programme cible notamment les familles des première et deuxième catégories, jugées prioritaires en raison de leur situation socio-économique.

L’identification des familles déjà engagée

La première étape du programme a commencé avec l’identification des ménages considérés comme vulnérables. Cette opération, entamée en juin, concerne notamment les familles classées dans les première et deuxième catégories.

La sélection des bénéficiaires constitue toutefois un enjeu important pour la réussite du programme. Des réfugiés interrogés saluent l’initiative, tout en appelant à la transparence dans l’établissement des listes afin que les financements soient effectivement orientés vers les familles qui en ont le plus besoin.

Le représentant des réfugiés se félicite, de son côté, de l’accueil réservé au projet. Selon lui, une telle initiative pourrait contribuer à une amélioration significative des conditions et du niveau de vie des familles bénéficiaires.

Réduire la dépendance à l’aide humanitaire

Le projet intervient alors qu’une partie des réfugiés de Mahama dépend encore de l’aide humanitaire pour répondre à ses besoins essentiels.

Les promoteurs misent ainsi sur le développement d’activités économiques pour renforcer l’autonomie des ménages et leur permettre progressivement de subvenir davantage à leurs propres besoins.

Pour les 1 600 familles pilotes, essentiellement issues des première et deuxième catégories de vulnérabilité, le principal défi sera de transformer les financements reçus en activités suffisamment rentables et durables.

L’accompagnement et la formation des bénéficiaires doivent notamment leur permettre de mieux gérer les capitaux reçus, d’épargner et de développer leurs activités sur le long terme.

Pour les organisations qui accompagnent le projet, les résultats obtenus pourraient servir de modèle pour favoriser l’autonomisation économique d’un plus grand nombre de réfugiés vivant au Rwanda.

Plus de 75 000 réfugiés à Mahama

Le camp de Mahama accueille plus de 75 000 réfugiés. La majorité sont originaires du Burundi, avec plus de 40 000 réfugiés burundais, tandis que les autres sont principalement des ressortissants de la République démocratique du Congo.

Pour ces familles, l’enjeu dépasse donc l’accès à un financement ponctuel. Le programme ambitionne de leur donner les moyens de développer des activités économiques capables de générer des revenus réguliers et de réduire progressivement leur dépendance à l’aide humanitaire.

Entre 2027 et 2030, les 1 600 familles retenues devront ainsi transformer cette opportunité en activités viables. La réussite du programme pourrait ensuite déterminer son éventuelle extension à d’autres ménages réfugiés au Rwanda.

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Photo : un rassemblement au sein du camp de réfugiés de Mahama, dans l’est du Rwanda, où vivent des dizaines de milliers de réfugiés, dont une importante communauté burundaise. Un programme d’autonomisation économique doit permettre à 1 600 familles réfugiées de développer des activités génératrices de revenus et de réduire progressivement leur dépendance à l’aide humanitaire. ©SOS Médias Burundi

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