Rumonge : cinq élèves sur un banc, la promesse du « zéro enfant mal assis » vacille
SOS Médias Burundi
Rumonge, 29 septembre 2026 — Deux semaines après la rentrée scolaire 2026-2027, plusieurs écoles fondamentales de la commune de Rumonge, en province de Burunga dans le sud-ouest du Burundi, font face à une pénurie de bancs-pupitres. Dans certaines classes, trois à cinq élèves doivent partager un même banc, selon des responsables scolaires. Une situation qui contraste avec les engagements du gouvernement de mettre fin au phénomène des enfants « mal assis » dans les établissements scolaires.
Les écoles fondamentales de Mugweji, Mugomere I et II ainsi que Rukinga I, II, III et IV figurent parmi les établissements particulièrement touchés. Certains indiquent avoir reçu une partie des bancs-pupitres attendus, mais affirment que les besoins restent importants.
Faute de salles de classe et de mobilier suffisants, certains élèves suivent les cours dans des églises. D’autres établissements sont obligés d’emprunter des salles auprès d’écoles voisines afin de pouvoir accueillir leurs élèves.
Les responsables scolaires déplorent également le retard dans la mise à disposition des moyens destinés à réhabiliter les bancs-pupitres endommagés. Ils estiment que ces difficultés auraient dû être anticipées avant la rentrée scolaire.
Selon des sources administratives communales, la commune de Rumonge avait prévu de fabriquer 5 000 bancs-pupitres, mais environ 2 000 seulement auraient été produits jusqu’à présent.
Jean Hatungimana, directeur communal de l’éducation, reconnaît que de nombreux élèves étudient encore dans des conditions difficiles. Il évoque notamment l’épuisement des planches comme l’une des causes du retard. Il affirme que la commune a obtenu un nouveau boisement qui devrait permettre de disposer de nouvelles planches pour poursuivre la fabrication des bancs-pupitres.
Cette explication est toutefois contestée par certains enseignants, qui estiment que les autorités auraient dû prendre des mesures suffisamment tôt pour éviter cette situation.
Des promesses nationales confrontées à la réalité des classes
La situation de Rumonge n’est pas un cas isolé. Dans plusieurs communes du Burundi, le manque de bancs-pupitres continue de perturber les conditions d’apprentissage, malgré les engagements annoncés par les autorités dans le cadre de la campagne nationale « Zéro enfant mal assis en classe ».
En juin 2026, le Premier ministre Nestor Ntahontuye avait annoncé que le gouvernement s’engageait à fournir 331 956 bancs-pupitres avant le début de l’année scolaire 2026-2027. La date limite du 15 août 2026 avait été fixée pour leur installation dans les salles de classe.
Le programme prévoit notamment la fabrication de bancs-pupitres à partir du bois issu des anciens boisements communaux, afin de répondre aux besoins des établissements scolaires.
Le gouvernement avait également annoncé la mobilisation de 18 milliards de francs burundais pour financer la fabrication de bancs-pupitres dans les communes.
Toutefois, les difficultés signalées à Rumonge soulèvent des interrogations sur le rythme d’exécution du programme, la disponibilité des matériaux et le suivi des fonds engagés.
Le manque d’enseignants aggrave les difficultés
À cette pénurie de mobilier s’ajoute un déficit d’enseignants. La direction communale de l’éducation estime à environ une centaine le nombre de membres du personnel éducatif ayant quitté le pays.
Les directeurs d’écoles demandent leur remplacement, estimant que ces départs affectent le fonctionnement des établissements et les conditions d’apprentissage.
Des parents demandent pour leur part aux autorités de renforcer le contrôle de l’utilisation des fonds destinés à la fabrication des bancs-pupitres. Ils souhaitent notamment comprendre pourquoi, malgré les financements annoncés par le gouvernement, certains élèves continuent à s’asseoir à trois, quatre ou cinq sur un même banc.
La persistance de ces difficultés relance les interrogations sur le suivi de la campagne « Zéro enfant mal assis en classe » et sur sa mise en œuvre dans les établissements scolaires.
Pour les responsables scolaires et les parents de Rumonge, l’enjeu reste désormais de voir les engagements annoncés se traduire concrètement dans les salles de classe, afin que les élèves puissent étudier dans des conditions adéquates.
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Photo : Des écoliers dans une salle de classe en province de Buhumuza, dans l’est du Burundi. À Rumonge, en province de Burunga dans le sud-ouest du pays, plusieurs écoles fondamentales font face à une pénurie de bancs-pupitres, contraignant parfois trois à cinq élèves à partager un même banc. © SOS Médias Burundi
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