Disparitions, agressions, vols : les taxis Canga Canga plongent des usagers dans la peur à Bujumbura
SOS Médias Burundi
Bujumbura, 7 octobre 2026 — La disparition de Divine Ingabire après avoir pris un taxi collectif Canga Canga ravive les inquiétudes de certains usagers à Bujumbura, particulièrement chez les femmes. Ces véhicules, devenus de plus en plus nombreux dans la capitale économique du Burundi en raison notamment des difficultés persistantes dans les transports publics et de la pénurie de carburant, sont désormais au cœur de nouvelles préoccupations liées à la sécurité des passagers.
Les taxis collectifs Canga Canga suscitent de plus en plus d’inquiétude chez certains usagers de Bujumbura, la capitale économique du Burundi où sont concentrées une grande partie des activités commerciales, des services, des administrations, des organisations internationales et des institutions du pays.
Divine Ingabire a disparu mardi soir après avoir pris un taxi collectif Canga Canga dans le centre-ville en direction de Kinama, dans le nord de la ville. Elle a été retrouvée mercredi dans la réserve naturelle de Rukoko, près de la localité de Mpanda, non loin de la capitale économique Bujumbura.
Selon les informations recueillies, la jeune femme avait quitté une église du centre-ville avant de monter à bord du taxi. Elle aurait ensuite remarqué à bord du véhicule des individus qu’elle soupçonnait d’avoir de mauvaises intentions. Elle aurait envoyé un message à ses proches pour les alerter avant que son téléphone ne devienne injoignable.
Elle a finalement été retrouvée par un berger, puis conduite à l’hôpital. Selon les mêmes informations, elle serait arrivée en pleurs et aurait été incapable de parler. Elle ne présenterait toutefois pas de blessure visible.
Cette disparition ravive les inquiétudes de certains usagers au sujet des taxis Canga Canga, alors que ces véhicules occupent une place de plus en plus importante dans les déplacements quotidiens à Bujumbura.
Leur utilisation croissante s’explique notamment par les difficultés persistantes dans le secteur des transports publics. La pénurie de carburant réduit régulièrement le nombre de bus en circulation dans la capitale économique, obligeant de nombreux habitants à chercher d’autres moyens pour se rendre au travail, rentrer chez eux ou rejoindre les différents quartiers de la ville.
Les Canga Canga constituent ainsi, pour une partie de la population, une solution plus disponible que les bus. Le principe du transport collectif permet également à plusieurs passagers de partager le coût du trajet, ce qui rend ces véhicules accessibles à des personnes qui ne peuvent pas régulièrement recourir à un transport individuel.
Bujumbura concentre une grande partie de cette demande. Capitale économique et principale ville du Burundi, elle regroupe une importante partie des activités commerciales, des services, des administrations, des organisations internationales et des institutions du pays. De nombreux habitants des quartiers périphériques doivent quotidiennement rejoindre le centre-ville et les principaux pôles d’activité, ce qui entretient une forte demande en moyens de transport.
Mais cette montée en puissance des Canga Canga s’accompagne aussi de préoccupations liées à la sécurité des passagers.
Il y a environ cinq mois, une femme qui rentrait chez elle à Kanyosha, au sud de Bujumbura, aurait pris un taxi avant d’être retrouvée inconsciente dans un fossé. Selon son témoignage, rapporté après son réveil dans un hôpital local, elle aurait été violée. Elle aurait également indiqué que son argent et son téléphone n’avaient pas été emportés.
Une autre femme aurait, elle aussi, été victime d’un vol après avoir pris un taxi en direction de Gasekebuye, dans cette même partie de la ville. Selon son témoignage, elle se serait retrouvée à bord avec des individus qui lui auraient dérobé de l’argent ainsi que ses bagues.
Ces témoignages, comme la disparition de Divine Ingabire, alimentent la peur de certains usagers, notamment des femmes qui utilisent quotidiennement les taxis collectifs pour leurs déplacements.
Ils ne permettent toutefois pas, à eux seuls, d’établir que les taxis Canga Canga, en tant que moyen de transport, sont responsables de ces faits. Ils soulèvent néanmoins des questions sur les conditions dans lesquelles certains véhicules sont utilisés et sur les mécanismes de contrôle et de sécurité destinés à protéger les passagers.
Pour de nombreux habitants de Bujumbura, les Canga Canga représentent aujourd’hui à la fois une nécessité et une source d’inquiétude. Tant que les transports publics resteront insuffisants et que les difficultés d’approvisionnement en carburant persisteront, leur rôle devrait continuer à s’accroître.
La disparition puis la découverte de Divine Ingabire relancent ainsi les préoccupations de certains usagers sur la sécurité dans les transports collectifs, particulièrement pour les femmes qui doivent quotidiennement se déplacer dans la capitale économique du Burundi.
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Photo : Une passagère à bord d’un taxi « Canga Canga » à Bujumbura, dans un contexte de pénurie persistante de carburant. De plus en plus de femmes utilisent ces taxis collectifs pour leurs déplacements quotidiens, malgré les inquiétudes liées à leur sécurité. © SOS Médias Burundi
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