Dzaleka : mort suspecte d’un réfugié burundais après une collision avec la police, plus de 2 millions de kwachas disparus
SOS Médias Burundi
Dzaleka, 7 octobre 2026 — Un réfugié burundais est mort mardi matin après avoir été percuté par un véhicule de police alors qu’il circulait à moto, à environ trois kilomètres du camp de réfugiés de Dzaleka, au Malawi. Commerçant et homme d’affaires connu dans le camp, Eric Niyongabo, originaire de la région de Muyinga, en province de Buhumuza, dans le nord-est du Burundi, transportait selon ses proches une importante somme d’argent qui aurait disparu après l’accident, alimentant leurs soupçons sur les circonstances du drame.
L’accident s’est produit alors qu’Eric Niyongabo se rendait vers un centre urbain pour acheter des marchandises destinées à son commerce. Il circulait à moto lorsqu’il a été percuté par le véhicule de police.
Grièvement blessé, il a été évacué vers l’hôpital central du district de Dowa. Malgré les soins reçus, il a succombé à ses blessures.
Selon sa famille, Eric Niyongabo avait sur lui plus de deux millions de kwachas malawiens, soit plus de 1 000 dollars américains. Ses proches affirment que cette somme a disparu après l’accident et soupçonnent qu’il aurait pu être dépouillé avant son évacuation vers l’hôpital.
« Nous sommes convaincus que l’argent a été pris par les personnes qui sont arrivées les premières sur les lieux, notamment des policiers », accuse un membre de sa famille.
Ces accusations, qui n’ont pas été établies de manière indépendante, alimentent les interrogations des proches sur ce qui s’est passé dans les instants qui ont suivi la collision. Ils réclament une enquête pour déterminer les circonstances exactes de l’accident et établir ce qu’est devenu l’argent que le commerçant transportait.
Le décès d’Eric Niyongabo intervient dans un contexte de préoccupations croissantes concernant la sécurité dans et autour du camp de Dzaleka. Des réfugiés rapportent régulièrement des cas de vols, d’agressions et de braquages visant notamment des commerçants.
Selon des habitants du camp, les réfugiés sont particulièrement exposés lorsqu’ils quittent Dzaleka pour leurs activités commerciales. Ils demandent un renforcement de la protection et une présence sécuritaire plus efficace, notamment sur les axes empruntés par ceux qui se rendent dans les centres urbains voisins.
Le camp de Dzaleka accueille aujourd’hui plus de 50 000 personnes, soit plusieurs fois sa capacité initiale. Parmi elles figurent plus de 11 000 réfugiés burundais. Cette forte concentration de population accentue les difficultés liées aux conditions de vie, à l’accès aux services et à la sécurité.
Pour de nombreux réfugiés, le petit commerce constitue par ailleurs une importante source de revenus. Les commerçants doivent régulièrement sortir du camp pour acheter ou vendre des marchandises, les exposant à des risques supplémentaires sur les routes et dans les zones environnantes.
La mort d’Eric Niyongabo ravive ainsi les inquiétudes de la communauté burundaise de Dzaleka. Sa famille demande que toute la lumière soit faite sur l’accident, mais aussi sur la disparition présumée de l’argent qu’il transportait.
La police locale n’avait pas encore réagi aux accusations de la famille au moment de la publication. Une enquête devra notamment permettre d’établir les circonstances de la collision, les éventuelles responsabilités et ce qui s’est réellement passé avant l’évacuation du commerçant vers l’hôpital.
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Photo : Une partie du camp de réfugiés de Dzaleka, dans le district de Dowa, au centre du Malawi, où un réfugié burundais, commerçant, est mort après une collision avec un véhicule de police. © SOS Médias Burundi
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