Nyarugusu (Tanzanie) : plusieurs boutiques des réfugiés incendiées par la police

Nyarugusu (Tanzanie) : plusieurs boutiques des réfugiés incendiées par la police

Des boutiques ont été brûlées par la police tanzanienne au camp de réfugiés de Nyarugusu. Elle explique son acte par le rétablissement de l’ordre. Des réfugiés burundais y voient une forme de forcing au rapatriement. (SOS Médias Burundi)

Des dizaines de boutiques ont été incendiées, d’autres détruites ce jeudi 13 mai au niveau de la zone 10 du camp de réfugiés de Nyarugusu. C’est dans la zone habitée par des Burundais dans ce camp hébergeant aussi des ressortissants congolais. “Nous voulons rétablir l’ordre. Il ne vous est pas permis de faire du commerce ici. Rentrez chez vous entreprendre des projets de développements durables”, ont menacé des jeunes gardiens de la paix qui ont mis le feu sur les commerces sur ordre de la police.

Divers biens ont été emportés par le feu sous l’oeil complaisant de l’administration du camp. “Il y avait dedans des grains de maïs, des haricots, des savons, des légumes et des fruits. Ils ne nous ont même pas permis d’évacuer quoi que ce soit. C’est de la pure méchanceté, ils ne sont pas différents de ceux qui nous ont forcé à l’exil”, lâchent des propriétaire de ces stands.

Pour ces réfugiés, c’est un message fort. « Bon, c’est un message codé qui nous est donné. Ils veulent nous montrer que nous ne sommes plus les bienvenus ici. Rien n’exclut qu’ils puissent aussi brûler nos maisons un jour. Nous prenons à témoin la communauté internationale. Et le HCR assiste impuissant à cette barbarie ”, se lamentent des réfugiés.

Des Burundais s’étonnent de voir que dans la partie des Congolais les commerces y sont permis. L’ administration du camp de Nyarugusu indique qu’en plus du commerce, l’agriculture, le transfert d’argent ne sont plus autorisés également. « Ces activités attirent des bandits”, explique le responsable du camp.

Nyarugusu compte actuellement plus de 53.000 réfugiés burundais.

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Photo : ruines de boutiques brûlées, mai 2021

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