Meheba : le nouveau responsable du camp mise sur le dialogue pour répondre aux préoccupations sécuritaires des réfugiés
SOS Médias Burundi
Meheba, 4 novembre 2026 — Le nouveau responsable du camp de réfugiés de Meheba, en Zambie, a tenu une réunion d’urgence avec les réfugiés vivant dans la zone du bloc D, entre les 29ᵉ et 41ᵉ routes. Au centre des échanges : les difficultés liées à l’obtention des autorisations de sortie, appelées « gate pass », la divagation des animaux et la recrudescence signalée des actes de banditisme. Des mesures ont été annoncées pour renforcer la sécurité et améliorer la cohabitation au sein du camp.
La question des autorisations de sortie a occupé une place importante lors de cette rencontre. Évoquant les arrestations et les emprisonnements signalés à l’extérieur du camp, notamment en raison de l’absence de documents d’identité, le responsable a exhorté les réfugiés à ne plus quitter le camp sans ce document.
De leur côté, les participants ont expliqué que les retards dans la délivrance des autorisations constituaient un obstacle majeur à leurs déplacements. Ils ont demandé à l’administration de prendre des mesures pour garantir leur délivrance dans les délais réglementaires.
En réponse, le responsable du camp s’est engagé à faire délivrer les « gate pass » dans un délai d’une semaine. Il a également annoncé que leur durée de validité passerait d’un mois à trois mois. Cette mesure a été favorablement accueillie par les participants, qui espèrent qu’elle facilitera leurs déplacements et réduira les risques d’arrestation.
La divagation des animaux au cœur des préoccupations
La présence de porcs et de chiens errants a également été dénoncée comme une source d’insécurité pour les habitants du camp.
Selon les participants, les porcs en divagation détruisent les cultures dans les champs des réfugiés, tandis que les chiens errants exposent la population aux risques de morsures et de blessures.
Face à cette situation, le responsable a demandé aux propriétaires de prendre leurs responsabilités et de veiller à ce que leurs animaux ne constituent pas une menace pour la communauté.
Un délai de deux semaines leur a été accordé pour régulariser la situation. Parmi les mesures annoncées figurent la vaccination des chiens et la prise en charge des animaux errants. Les chiens qui ne seront pas récupérés pourraient être abattus, conformément aux dispositions retenues par l’administration.
Constructions anarchiques et banditisme : l’administration hausse le ton
La question des constructions non autorisées a également été abordée. Le responsable du camp a rappelé aux réfugiés qu’ils doivent obtenir une autorisation préalable avant d’entreprendre des travaux et respecter les règles établies par l’administration.
Il a par ailleurs exprimé ses préoccupations face à la recrudescence signalée des actes de banditisme dans les champs et les ménages. Il a appelé les réfugiés à s’impliquer davantage dans la sécurisation de leur milieu de vie, notamment en signalant aux autorités les personnes soupçonnées de commettre des actes criminels ou de troubler l’ordre public.
L’objectif est de renforcer la collaboration entre les habitants et l’administration afin de prévenir les actes d’insécurité et de préserver la tranquillité au sein du camp.
Des attentes après les premiers engagements
À l’issue de la réunion, les réfugiés présents ont exprimé leur volonté de collaborer avec l’administration pour contribuer à la sécurité et au bien-être de la communauté.
Nouvellement installé à la tête de l’administration du camp, ce responsable représente le ministère zambien chargé de la sécurité intérieure et des réfugiés. Son approche, axée sur le dialogue et l’écoute des préoccupations des habitants, suscite de l’espoir parmi certains réfugiés.
Toutefois, ces derniers attendent désormais que les engagements annoncés se traduisent par des actions concrètes, notamment concernant la délivrance des autorisations de sortie, la gestion des animaux errants et le renforcement de la sécurité.
Le camp de Meheba accueille actuellement plus de 30 000 réfugiés, dont plus de 5 000 Burundais. Dans ce contexte, la mise en œuvre effective des mesures annoncées pourrait contribuer à améliorer les conditions de vie et la cohabitation entre les différentes communautés.
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Photo : Des réfugiés attendent d’être servis par l’organisation non gouvernementale Brave Heart au camp de Meheba, en Zambie. © SOS Médias Burundi
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