L’intolérance politique contre le parti CNL prend de l’ampleur

L’intolérance politique contre le parti CNL prend de l’ampleur

Des attaques contre des militants du parti Congrès National pour la liberté (CNL) et ses permanences prennent une grande allure malgré les appels au calme des autorités administratives.

Province de Rumonge (Sud-Ouest du pays), dans la nuit de ce jeudi à vendredi, la permanence du parti CNL dans la zone de Kizuka (commune de Rumonge) a été peinte à l’aide des excréments humains. Les écrits et autres insignes de ce parti ont été effacés.

Dans la zone de  Kigwena (commune de Rumonge), un militant du parti CNL qui montait la garde à la permanence de ce parti a été arrêté par des jeunes imbonerakure du parti CNDD-FDD. Il a été conduit au cachot de la police à Rumonge, selon un des responsables du parti CNL à Rumonge contacté. Il a été accusé de tenir une réunion nocturne du parti CNL.

Les jeunes du parti au pouvoir (Imbonerakure) sont accusés d’être derrière ces actes d’intolérance politique. Le responsable de la ligue des jeunes Imbonerakure  dans la commune de Rumonge réfute ces allégations. Ulimwengu  Bigirimana a déclaré qu’aucun Imbonerakure n’a été mandaté pour perturber les activités des autres partis politiques.

Province de Kirundo (Nord du pays)

Quatre militants du parti CNL dans la commune de Busoni ont été arrêtés et torturés ce jeudi. Ils ont été relâchés dans la matiné de ce vendredi. L’un des responsables de ce parti dans la même province dit qu’ils sont dans un état critique.

Ceux qui ont été arrêtés sont :Coyitungiye Emmanuel, président du parti CNL dans la zone de Mukerwa (commune de Busoni), Nkezabahizi Domitien, secrétaire de ce parti dans la même zone,  Rwasa, responsable du parti CNL sur la colline Kagege de la zone Mukerwa et Nzobarinda, le responsable du même parti sur la colline Renga de la même zone.

Ils ont été arrêtés par les Imbonerakure et les policiers du poste de Nyarunazi. Leurs proches disent plutôt qu’ils participaient à une réunion de leur association.

Contacté, le chef de  zone Mukerwa  nous a indiqué que ceux qui font des réunions non autorisées ne seront pas tolérées dans sa zone.

«On ne va pas lâcher. Nous allons les traquer jusqu’au dernier. L’anarchie n’est pas permise ici.  Ces membres du parti CNL doivent le savoir», a-t-il menacé.

Province de Ngozi (Nord du pays)

Sept membres du parti CNL ont été arrêtés ce jeudi dans la commune de Mwumba. Ils sont incarcérés au cachot de la zone de Buye.

Ils ont été interpellés par le chef de zone Gatsinda. Il les accuse de tenir une réunion. Les responsables du parti CNL disent plutôt qu’ils ont été arrêtés alors qu’ils étaient en train de  chercher une maison qui servirait de permanence zonale à Gatsinda. Jonas Nahimana, le president du CNL à Ngozi demande qu’ils soient libérés. 

 Bubanza (Ouest du pays)

Trois jeunes du parti  CNL ont été appréhendés dans l’après-midi d’hier.  «Ils ont été ligotés et battus à l’aide des gourdins par les jeunes Imbonerakure», précise une source locale.

Cette même source indique que ces jeunes du parti CNL étaient venus de Bujumbura pour rendre visite à leurs amis. 

Ils ont été conduits au cachot de la commune de Gihanga. L’administrateur de la commune de  Gihanga Léopold Ndayisaba confirme cette interpellation. «Ils ont été arrêtés  par les membres du  comité mixte de sécurité. Ils sont soupconnés de faire partie d’un réseau de bandits. Ils sont détenus pour des raisons d’enquête»,   précise-t-il.

Les écrits se trouvant sur deux permanences du parti CNL dans les communes de Mpanda et de Rugazi ont été effacés la nuit de ce jeudi.

L’autre permanence se trouvant près du chef-lieu de la commune de Mpanda a été fermée à l’aide des cadenas par des inconnus.

 Alexis Manirakiza, responsable provincial du parti CNL à Bubanza pointe du doigt les membres du parti au pouvoir d’être derrière ces actes.

 Le gouverneur de cette province dit qu’il compte réunir les membres de différentes formations politiques pour calmer la situation.

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